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Du nouveau sur l’origine du dromadaire moderne

La biodiversité cameline en Arabie © B. Faye
La biodiversité cameline
L’histoire de la domestication des camélidés reste encore mal documentée mais des travaux récents de génétique moléculaire ont permis de faire des avancées importantes dans la connaissance de la dispersion de l’espèce à partir de son noyau d’origine dans la Péninsule arabique (dromadaire) ou en Asie Centrale (Bactriane). Une équipe internationale (Almathen et al, 2015) a combiné l’analyse des séquences d’ADN d’échantillons de restes osseux de camélidés sauvages et domestiqués à l’époque préhistorique avec des microsatellites nucléaires, et des informations sur le génotype mitochondrial provenant de 1083 échantillons d’animaux d’aujourd’hui collectés à travers le monde. Il apparait, suite à ces analyses, que le signal phylogeographique dans la population moderne est faible, ce qui indique un flux de gènes relativement faible qui touche toutes les régions actuelles où vivent les dromadaires, à l’exception de la Corne de l’Afrique où la population des dromadaires est restée relativement isolée. Conformément aux résultats de l’archéologie, une population de dromadaires sauvages a pu être identifiée dans le Sud-Est de la Péninsule Arabique parmi les fondateurs du pool de gènes du dromadaire domestique, confirmant ainsi l’origine du dromadaire actuel. Les analyses ont mis en évidence la possibilité d’un « restockage » des gènes à partir d’un noyau initial d’animaux domestiqués suivis d’une introgression d’individus sauvages provenant d’une population aujourd’hui éteinte. Comparé aux autres espèces domestiquées qui montrent une longue histoire de flux de gènes avec leurs ancêtres sauvages, le dromadaire présente une forte diversité initiale relative à la distribution originelle des ancêtres sauvages dans la Péninsule Arabique et à la brève coexistence des premiers individus domestiqués et des individus sauvages.

Finalement, tous les dromadaires du monde proviennent de cette région du Sud-Est de la Péninsule Arabique, un premier génotype ayant migré vers l’Asie du Sud et passant par le Sinaï vers l’Afrique du Nord, du Centre et de l’Ouest, et un second génotype ayant migré vers la Corne de l’Afrique, avec quelques « croisements » avec le premier génotype dans une partie de l’Afrique centrale. Un troisième génotype n’aurait pas migré et constitue un groupe isolé dans les parties montagneuses de l’Arabie du Sud. C’est à ce dernier groupe qu’appartient par exemple le type Al-Adhana.

Références

Almathen et al., 2015.
Ancient and modern DNA reveal dynamics of domestication and cross-continental dispersal of the dromedary, PNAS, 113(24), 6707-6712
L’article est disponible sur www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519508113


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