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L’utilisation des mannequins pour la collecte de la semence chez les mâles reproducteurs

La collecte de la semence est la première étape pour mettre en place un programme d’insémination artificielle ou de transfert d’embryons. Mais contrairement à la plupart des espèces domestiques, l’accouplement chez le dromadaire peut durer longtemps (10-20 minutes), se fait en position baraquée et la collecte de la semence avec un vagin artificiel reste une épreuve physique pour le technicien chargé du travail. Pour pallier cet inconvénient, les chercheurs égyptiens ont donc eu l’idée d’utiliser un mannequin placé sur une dalle en hauteur et le technicien peut se tenir assis sous la dalle, pour collecter la semence sans risquer d’être blessé par le mâle au travail et être obligé de rester en position accroupie inconfortable. On trouvera ci-joint les documents diffusés par les inventeurs du système.

Soigner les cancéreux avec du lait et de l’urine de chamelle

El-Hassanein, E.. (2019). The new camel-dummy:
The most safe, natural and reliable technique to establish a persistent semen collection
and AI-program for elite dromedary camel breeds.

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L’abattage massif des dromadaires ensauvagés d’Australie : ce que l’on peut dire.

Le Pr Rafat Al Jassim, de l’Université de Queensland, Australie, et par ailleurs vice-chairman de l’ISOCARD est sur le point de publier un éditorial du Journal of Camelids Sciences consacré à l’annonce du gouvernement australien sur l’abattage massif des dromadaires ensauvagés par hélicoptère pour répondre à la crise écologique auquel le pays fait face depuis quelques années. Ce texte est devenu la position officielle de l’ISOCARD et nous en livrons ci-dessous une traduction adaptée aux lecteurs de notre site :

« L'abattage massif des chameaux ensauvagés a repris le mercredi 8 janvier 2020 en Australie, suscitant un nouveau débat sur la gestion de ces animaux. L'objectif est d’éliminer 10 000 têtes de la région NYP dans le sud de l’Australie, et cette tuerie est considérée comme faisant partie d’une politique de régulation démographique en cours visant à réduire les effets négatifs de ces animaux sur l'environnement et les communautés locales dans les régions reculées du pays. La région NYP est une vaste terre aride et âpre dans le « Outback » australien qui couvre environ 350.000 km2 avec 6.000 habitants seulement. Les chameaux sauvages en Australie semblent faire face à des défis supplémentaires à ceux auxquels sont confrontés d'autres animaux, y compris la sécheresse prolongée, les feux de brousse et les inondations. Et il est indispensable d'examiner les informations disponibles et de sélectionner les données pertinentes que les écologues, les biologistes et les décideurs doivent collecter pour mettre en œuvre une stratégie de gestion la plus appropriée. Tout d’abord, les écologues soulignent la nécessité d'une estimation fiable de la population des chameaux, de leur distribution spatiale et de leur impact sur l'écosystème. Il est très regrettable que la population des chameaux ensauvagés ait été surestimée et en quelque sorte exagérée à plus de 1,1 million et qu’elle devrait doubler tous les 8-9 ans (Edwards et al., 2008). Si cette estimation était correcte et si la prévision d'une croissance démographique était exacte, la population aurait déjà dépassé 2,5 millions de têtes. Une estimation plus réaliste de la population caméline et un taux de prélèvement durable ont été proposés par des chercheurs de l'Université du Queensland (Al Jassim et Lisle, 2011, 2016). Ce travail a conduit à estimer une population maximale d’environ 460 000 têtes et, après le prélèvement de 160 000 animaux entre 2009 et 2013, la population serait tombée à environ 300 000 têtes. La population actuelle selon notre modèle démographique serait un peu plus de 400.000 chameaux et un taux d’exploitation durable serait d'environ 4,6 %. Or, avec le taux d’exploitation actuel est de 1,25 % (environ 5 000 chameaux par an), la population continuera de croître et d'atteindre 534 000 têtes en 2025 (Al Jassim et Lisle, 2016). L'abattage de 10 000 chameaux ne résoudra pas le problème de l’impact environnemental et ne constitue pas une solution permanente. La croissance de cette population, de fait, rebondira lorsque les conditions s'amélioreront, et les chameaux seront de retour à la recherche d'eau lorsque la sécheresse reviendra. Par conséquent, il est nécessaire de mieux gérer cette population de chameaux ensauvagés et d’investir dans la mise en place d'une gestion durable par une exploitation rationnelle de cette population en l’orientant vers l'élevage, la production de viande de qualité et l'exportation d’animaux vivants. Une telle approche rétablira la réputation de l'Australie à l'échelle internationale et assoira une industrie rentable pour les communautés aborigènes locales.

Il y a eu déjà des tentatives pour promouvoir les chameaux australiens à l'étranger, qui sont connus pour être indemnes de maladies et représentent un précieux pool génétique inexploré qui pourrait être utilisé pour aider les éleveurs camelins en Afrique et au Moyen-Orient, mais aussi en Europe, en introduisant du sang neuf dans leurs lignées de chameaux consanguins. Ces tentatives se sont appuyées notamment sur l’organisation d’ateliers et de séminaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et des réunions internationales en particulier celles organisées par la Société internationale de recherche et de développement des camélidés (ISOCARD), qui ont lieu tous les trois ans. Ces réunions ont généré de l'intérêt et des demandes de renseignements, mais malheureusement, ils ne se sont pas transformés en accords commerciaux. La raison principale en est l'absence d'une infrastructure existante de nature commerciale pour élever et manipuler ces chameaux. L'autre raison décourageante est le coût associé à la manutention et au transport des chameaux du centre de l'Australie au port le plus proche et à leur destination finale. Parce que le transport maritime de chameaux vivants est problématique pour le bien-être animal, les exportateurs se retrouvent avec la seule option très coûteuse d'utiliser des avions cargo. Chaque cargaison aérienne peut transporter 100 et 150 animaux au maximum selon leur taille pour un coût d'environ 600 000 AUD. Si l'exportation est de 100 têtes par expédition, le coût par chameau sera de 6000 AUD, ce qui, en y ajoutant d'autres coûts, notamment le prix de gardiennage, les soins vétérinaires et la manutention, le prix augmenterait à plus de 8000 $ par tête.

Afin de faire de l'exportation de chameaux vivants une option viable, et aussi d'encourager la collecte de ces animaux ensauvagés dans le cadre d’une politique de gestion durable, il est impératif d’investir dans l'élevage de ces animaux (réaliser une re-domestication) et de réduire les coûts du transport. L'élevage des chameaux dans de grands enclos pourrait fournir un approvisionnement régulier en viande de chameau de qualité pour l'exportation et pour le marché local. En outre, il pourrait créer des possibilités d'emploi pour les communautés et de mettre fin à l'approche impopulaire d'abattage par hélicoptère et d'arrêter le gaspillage d'une telle ressource précieuse.»

Réferences citées

  • Al Jassim R. and Lisle A. 2011. Feral camel population shouldn’t be culled: Expert. ABC report: by Nicola Gape, ABC Radio, July 21, 2011.
  • Al Jassim, Rafat and Lisle, Allan. 2016. Prediction and management of feral camel population in Australia. In: Advances in conservation through sustainable use of wildlife. Proceedings of a conference held in Brisbane, Australia, 30th August to 1st September 2016.Editors: Greg Baxter, Neal Finch and Peter Murray. pp. 74-77.
  • Edwards GP, Zeng B, Saalfeld WK, Vaarzon-Morel P and McGregor M (Eds). 2008. Managing the impacts of feral camels in Australia: a new way of doing business. DKCRC Report 47. Desert Knowledge Cooperative Research Centre, Alice Springs.

  • Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
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