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Archives des articles du mois
Les parasites des dromadaires de Tanzanie.Swai, E. S., Moshy, W., Mshanga, D., Lutatina, J., Bwanga, S., 2011. L’intérêt de cet article est moins ce qu’il dit sur la prévalence de certaines maladies parasitaires du dromadaire sur
lesquelles il n’apporte pas grand-chose de nouveau, mais plutôt sur ce qu’il souligne de la présence de notre animal favori dans des
régions d’Afrique où il était peu présent jusqu’à nouvel ordre. A ce titre, cet article témoigne de la lente mais irrémédiable progression
du dromadaire en Afrique.
L’importance des mammites cliniques chez la chamelle laitière. Le cas de l’EthiopieMengistu, F.,Molla, B.,Ali, A., 2010. Avec le développement de la production laitière, la chamelle s’avère probablement plus sensible aux infections mammaires dénommées mammites. Les études sur les mammites de la chamelle tendent donc à devenir plus nombreuses d’autant que l’on subodore une défense différente en comparaison à ce qui est observé chez la vache. Dans un article publié dans le « Bulletin de santé et de production Animale en Afrique », une équipe éthiopienne a réalisé une étude sur l’importance de ces mammites dans la région Afar, dans le district plus précisément de Gewani, en s’attachant d’une part à évaluer la prévalence des mammites, mais aussi les agents bactériens en cause et le lien avec les taux butyreux et protéiques du lait. Au total, 404 quartiers de mamelles ont été testés appartenant à 101 chamelles en lactation élevées en milieu traditionnel. Parmi les mamelles examinées, 30,7% étaient infestées par des tiques et 45,2% avaient des mammites, ce qui est considérable. Il apparait une relation très étroite entre présence de tiques et mammites, celles-ci étant plus fréquentes en début et en milieu de lactation. Parmi les quartiers examinés, 48,5% présentaient une réaction positive au CMT qui permet de détecter les mammites subcliniques, et 83,7% des échantillons de lait contenaient des bactéries pathogènes. Le test CMT apparait très corrélé à la présence des bactéries, ce qui confirme son intérêt pour cette espèce à l’instar de ce qui se fait désormais en routine chez la vache. Les principales bactéries pathogènes sont Staphylococcus aureus, Coagulase-negative staphylococci, Streptococcus agalactiae, Streptococcus dysgalactiae et Bruce Springsteen. Les auteurs observent également une différence dans les taux butyreux et protéiques du lait en fonction de la contamination : dans les quartiers à CMT négatif, le taux de matières grasses était de 3,83%, le taux protéique de 2,85%. Ces valeurs étaient significativement plus faibles pour la matière grasse dans les échantillons CMT positif :(1,97 %) mais de même grandeur pour les protéines (2,91 %). Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance des mammites chez la chamelle, même en milieu traditionnel.
L’embryon du dromadaire a-t-il deux bosses ?Kinne J., Wani N.A., Wernery U., Peters J., Knospe C., 2010. L’idée selon laquelle, le dromadaire serait un chameau de Bactriane ayant perdu une bosse au cours de sa lente migration vers l’Ouest s’appuyait notamment sur un argument embryologique selon lequel, l’embryon du dromadaire aurait deux bosses, l’une d’entre elle disparaissant au cours du développement fœtale, reproduisant en cela à l’échelle de l’histoire de l’embryon, celle de la phylogénétique du genre Camelus. Il est admis en effet, que le dromadaire à une bosse et le Bactriane à deux-bosses étaient issus d’un ancêtre commun qui avait deux bosses. Lors de son développement embryologique, le dromadaire en devenir ne faisait donc que reproduire le cheminement de ses ancêtres. Or, cette belle théorie vient d’être remise en cause par une récente publication. La théorie des deux bosses chez l’embryon du dromadaire faisait suite à l’observation de Lombardini en 1879 dans les Annales de l’Université de Toscane (n°259, p. 147-187) qui décrivait une seconde bosse réduite chez l’embryon mais régressant après le premier tiers de gestation et subsistant à l’état de structure rudimentaire chez le dromadaire adulte. Pour résoudre cette question persistante, une équipe d’anatomistes à Dubaï a disséqué 72 fétus et 16 chamelons âgés de quelques semaines. D’après leurs observations, contrairement au chameau de Bactriane, il n’a jamais été observé de seconde bosse, même rudimentaire chez le dromadaire. Comme quoi la bosse porte bien des légendes depuis la croyance selon laquelle elle serait un organe de stockage de l’eau !!
Quelle est l’origine du dromadaire des Iles Canaries ?Schultz U., Tupac-Yupanqui I., Martinez A., Mendez S., Delgado J.V., Gomez M.,
Dunner S., Canon J., 2010. Le dromadaire a envahi l’Afrique au début de l’ère chrétienne et a atteint la partie la plus occidentale assez tardivement dans l’histoire pour aller jusqu’aux Iles canaries au XVème siècle, dernière implantation durable sur le continent (voir notre rubrique « les dromadaires des îles Canaries : les seuls camélidés d'Europe » dans la rubrique « les petits curieux »). Dans ces îles désertiques au large du Sahara, le dromadaire est l’espèce dominante, autrefois largement utilisée pour les travaux agricoles et aujourd’hui dans le secteur touristique. La population caméline de l’Ile appartient majoritairement à la race décrite sous le nom de Majorero (voir notre rubrique sur les races de dromadaires dans le monde). Mais si on sait que l’apport génétique initial vient de la côte marocaine tout proche, la diminution des échanges avec le continent pour une population somme toute de faible importance (moins de 2000 individus) a conduit à une érosion de la diversité génétique. La question s’est aussi posée de la proximité de la race Majorero avec celles du continent, une certaine divergence ayant pu s’établir depuis le XVème siècle. Grâce au travail opiniâtre d’une femme (Dr Ursula Schultz) dont on a apprécié l’ouvrage sur le dromadaire de Lanzarotte (voir notre rubrique « publications »), une analyse génétique comparative utilisant 13 microsatellites a montré une proximité génétique indéniable avec la population cameline nord-africaine, notamment celle en provenance de Tindouf (Algérie), mais avec une forte variabilité entre les éleveurs de l’île témoignant d’une faible distribution des reproducteurs. Comparant diverses populations, l’arbre des distances génétiques a donné le schéma suivant (figure 1) :
Dans son ensemble, cette seule population caméline européenne (sur le plan politique du moins) est menacée de consanguinité par la quasi-impossibilité d’importer de nouveaux reproducteurs depuis le continent. Une politique de préservation s’impose donc si on veut conserver ce reliquat de population unique en son genre.
Qu’est ce qu’un élevage de dromadaires dégage comme gaz ammoniac ?Smits M.G., Montety G.J., 2009 L’ammoniac dégagé par les animaux et le fumier ou les litières dans les étables est considéré comme un polluant en contribuant à l’enrichissement des sols en nitrates. Ce n’est pas un gaz à effet de serre (au moins directement), mais la quantité émise par les établissements d’élevage est soumise à réglementation au moins dans l’espace européen. Or on ne sait pas grand-chose sur les émissions d’ammoniac pour le dromadaire à l’étable !! Une publication récente, relative à un élevage de chamelle laitière en Hollande (si, si !), donc dans des conditions de bâtiment proches de celles des vaches a permis de préciser l’impact du dromadaire dans l’émission d’ammoniac sous conditions intensives. L’analyse a porté sur une estimation en ferme, mais aussi sur les données de la littérature permettant de comparer le dromadaire à la vache et au cheval. En moyenne, l’émission d’ammoniac dans une étable de chamelles adultes est estimée à 5-6 kg d’ammoniac/tête/année, correspondant à environ 50% de ce qu’émet une vache laitière. Mais si on intègre dans le calcul, la gestion des fumiers (évacuation des urines et des fèces systématiquement comme cela est pratiqué en Hollande), les émissions d’ammoniac ne sont plus que de 1,5 à 2,0 kg/animal/an soit 10 à 20% seulement de ce que dégage une vache. Les auteurs de l’article en concluent donc que le dromadaire est non seulement un atout pour la santé des humains grâce à son lait, mais aussi un ami de l’environnement. CQFD.
Le dromadaire est un drôle de clone
Ca y est. On avait déjà cloné des vaches, des brebis, des souris, des lapins, des cochons… Il ne manquait plus que des chameaux. C’est fait. Dans un article publié très récemment, une équipe de Dubaï aux Emirats Arabes Unis, fait état du premier clone de dromadaire, en utilisant un noyau de cellule somatique (provenant d’un fibroblaste de la peau d’un adulte notamment) transféré dans le cytoplasme d’un oocyte obtenu d’un follicule pré-ovulatoire chez une femelle super stimulée. L’embryon ainsi obtenu a été mis en culture pendant 7 jours jusqu’au stade de blastocyste avant d’être implanté chez une femelle adulte synchronisée au 6éme jour d’ovulation. La gestation (13 mois chez la chamelle) s’est bien passée et a donné naissance à un chamelon en bonne santé dénommé Injaz, une femelle. L’analyse génotypique utilisant 25 marqueurs microsatellites a bien confirmé que le chamelon cloné était dérivé du donneur de la cellule souche et du tissu ovarien. C’est évidemment une première et un succès technique. Les auteurs de cette manipulation pensent que c’est la porte ouverte pour une amélioration et une préservation des animaux intéressants sur le plan de leur génotype (forte production laitière, champion de course, mâle améliorateur). Mais il y a aussi des résultats biologiques intéressant montrant que les fibroblastes fœtaux et adultes peuvent être cultivés, congelés sans perdre leur capacité de supporter le développement de l’embryon par transfert nucléaire, une méthodologie qui peut être généralisée dans le clonage animal. Reste à suivre ce que deviendra ce clone unique parmi les 25 millions de dromadaires dans le monde.
Le chameau de Bactriane et le chameau sauvage de Tartarie sont-ils deux espèces différentes ?
Il existe dans le désert de Tartarie, entre la Chine et la Mongolie, une zone éloignée de tout, une population résiduelle de chameau à deux-bosses apparenté au chameau de Bactriane dont une étude datant de l’année 2000 en génétique moléculaire avait conclu à l’existence d’une nouvelle espèce de grand camélidé, dénommée pour l’occasion Camelus ferus. Une publication plus récente fait le point sur cette affaire, notamment pour préciser le lien au cours de l’évolution entre ces deux chameaux qui se ressemblent tout de même beaucoup. Certes les bosses du chameau de Tartarie sont plus « pyramidales », ses membres plus fins et plus courts, son abdomen plus mince, mais ces différences sont finalement assez subtiles. En déterminant la séquence du gène mitochondrial cytb de 21 échantillons de chameaux (18 Bactriens domestiques appartenant à différentes sous-espèces chinoises et mongoles, 3 chameaux sauvages de Tartarie), les auteurs de l’étude (une équipe sino-mongole) ont montré que l’espèce sauvage ne partageait pas le même ancêtre que le chameau domestique. L’analyse complète du génome mitochondrial (qui détermine la filiation maternelle) a montré que la sous-spéciation entre les deux lignées avait eu lieu il y a 700 000 ans, soit largement avant la domestication estimée à 5 000 ans B.P. En conséquence, le chameau de Tartarie est bien une lignée séparée et n’est pas un représentant en ligne directe de l’ancêtre du chameau de Bactriane domestique. Les analyses complémentaires ont également montré que les « sous-espèces » domestiques descendaient d’une lignée sauvage unique, différente donc de l’espèce sauvage actuelle. Toutefois, la divergence génétique entre le chameau de Bactriane et le chameau de Tartarie n’est que de 2,4%, soit moins que la divergence moyenne entre deux espèces (3,8%). Il est donc suggéré de les considérer comme de réelles sous-espèces. Dès lors ils sont baptisés Camelus bactrianus pour le domestique et Camelus bactrianus ferus pour le sauvage. Les auteurs insistent donc pour préserver cette population cette population sauvage très menacée (il resterait que quelques centaines d’individus) qui représente les derniers éléments de la population sauvage parmi les grands camélidés.
Transfert d'embryon interspécifiques chez les camélidés : la naissance du premier chamelon de Bactriane
On savait le chameau de Bactriane (à deux bosses), suffisamment proche du dromadaire (à une bosse) pour permettre des hybridations donnant des animaux fertiles (voire notre rubrique sur les hybrides d’Asie Centrale). Un pas supplémentaire vient d’être réalisé pour donner corps à cette proximité phylogénétique. Pour la première fois en effet, un transfert d’embryon interspécifique a pu être réalisé en Iran par le Dr Niasari-Naslaji et son équipe (Faculté vétérinaire, Université de Téhéran). La problématique est simple : la population de chameau de Bactriane en Iran devient très anecdotique et l’une des voies de préservation de l’espèce est sa multiplication in-situ. Malheureusement, le nombre de « matrices » est insuffisant pour renouveler une population dont la gestation est longue et la maturité sexuelle tardive. D’où l’idée de faire appel aux utérus de dromadaire, bien plus nombreux sur la terre d’Iran! Un essai fructueux a permis de donner le jour à « Behnia », un petit chameau de Bactriane, porté par une femelle dromadaire, tout ce qui a de monobosse (cf. photo reproduite avec l’aimable autorisation du Dr Niasari-Naslaji). Gageons qu’il s’agit là d’une réussite technique permettant à l’avenir de faciliter la préservation des grands camélidés à deux bosses qui sont menacés de disparition dans certains pays où leur présence demeure très marginale et confinée dans les zones de montagne peu accessibles (Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde).
D’où vient le lait trait d’une chamelle ?
La question peut paraître incongrue, mais chez la plupart des animaux que les hommes ont soumis à la traite, le lait
est soit d’origine alvéolaire, soit d’origine cisternale, soit une combinaison des deux. Le lait cisternal est disponible par simple
pression du pis, alors que le lait alvéolaire nécessite le déclenchement d’un réflexe d’éjection, généralement provoqué par la présence
du petit. Les animaux du premier groupe, comme la jument, n’ont pas de « fontaine » à lait, ce qui nécessite notamment une traite à
période régulière (typiquement toutes les deux heures chez la jument). La présence du poulain est généralement indispensable pour déclencher
le reflexe d’excrétion du lait, mais chez les animaux bien dressés, le bruit des machines à traire peuvent assurer le déclenchement de ce
réflexe. Les animaux du second groupe, comme la chèvre, ont une physiologie de la lactation quelque peu différente, la stimulation était
ettement plus aisée et pouvant se réaliser sans la présence du petit. La vache se place dans une situation intermédiaire et seules les
races rustiques ont encore besoin de la présence du veau pour lâcher la partie alvéolaire de leur lait. Qu’en est-il e la chamelle ?
La thiamine (vitamine B1) chez le dromadaire La vitamine B1 joue, comme toutes les vitamines, un rôle essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, même si la quantité nécessaire est très faible. Chez les ruminants, une carence en thiamine peut être à l’origine d’une maladie redoutable, la polioencephalomalacie (PEM) qui se traduit par des troubles nerveux graves parfois mortels. Cette maladie a parfois été observée chez le dromadaire de course aux Emirats Arabes Unis. Mais globalement on connaissait mal le statut des animaux et surtout les facteurs de variation comme l’âge ou le stade physiologique. C’est chose faite avec un article paru en 2008 et portant sur le statut sanguin en thiamine chez le dromadaire. L’étude porte sur un très grand échantillon de 1315 dromadaires de stade physiologique et d’âge fort variables, répartis en 5 groupes : des chamelons à différents âges, des femelles à différents stade physiologique, des dromadaires de course de différents âges, des dromadaires de course atteint de PEM et des chamelles parturientes présentant un faible taux de thiamine dans le sang à la mise bas. La thiamine, déterminée sous HPLC avec un détecteur de fluorescence se présente en grande quantité chez le chamelon nouveau-né (97,8 µg/l) dans le sang. Mais cette teneur décroît rapidement après la mise bas pour atteindre une valeur minimale au sevrage. Le stress de la gestation et de la lactation contribue aussi à faire diminuer le taux de thiamine dans le sang des femelles en reproductrices. Mais le stress de la course aussi semble jouer un rôle non négligeable et c’est d’ailleurs parmi les « coureurs » les plus jeunes (2 à 4 ans) que les valeurs sont les plus faibles (52,7 µg/l) et que des cas de PEM ont été détectés. L’alimentation et notamment les rations riches en sulfates joue aussi un rôle dans la diminution des teneurs sanguines en vitamine B1. Les animaux atteints de PEM sont facilement traités avec une simple injection IV de thiamine, à raison de 8mg/kg de PV et par jour pendant 3 jours.
Comment améliorer la survie des spermatozoïdes pour l’insémination artificielle chez le dromadaire? L’insémination artificielle est une voie intéressante pour accélérer l’amélioration génétique, notamment dans le secteur
laitier comme cela l’a été fait dans l’espèce bovine. Pourtant, si la technique est maîtrisée, elle présente des contraintes fortes dans
l’espèce caméline, pour deux raisons : la durée de l’accouplement qui ne permet pas l’utilisation de leurre et la survie faible des
spermatozoïdes après congélation qui oblige à l’utilisation de semence fraîche comme on l’a vu dans un article précédent (Deen et al., 2004).
Aussi, les travaux de recherche qui visent à améliorer ces aspects sont essentiels pour le développement de cette technique.
Le lait de chamelle n’est pas pauvre en cholestérol
Il traîne ça et là des publications soulignant l’intérêt du lait de chamelle parce qu’il est pauvre en cholestérol
et en matières grasses comparé au lait de vache. Une récente publication remet certaines choses en place, même s’il est nécessaire
d’avoir d’autres résultats pour étayer ceux-ci. Il s’agit d’un article publié dans Dairy Sciences and technology consacré à la
composition du lait de chamelle en acides gras et en cholestérol. Les analyses ont été réalisées sur 22 échantillons de lait au
Kazakhstan.
Le lait de chamelle est-il plus riche en lactoferrine et immunoglobines? La lactoferrine (Lf) est une protéine présente dans tous les laits à des teneurs variables. Selon différentes publications, il était admis que le lait de chamelle en contenait une grande quantité, 10 fois plus que dans le lait de vache. Or, la lactoferrine a des propriétés thérapeutiques intéressantes (antibactérienne, antivirale et même anticancéreuse). Les immunoglobines (IgG) jouent également un rôle non négligeable dans la protection notamment du jeune contre les maladies. Le lait de chamelle a également la réputation d’être très riche en immunoglobines dont la structure très particulière intéresse la médecine humaine. Une récente publication fait le point sur la variabilité des teneurs de la Lf et des IgG dans le lait de chamelle. Dans cette étude, Lf et IgGs ont été quantifiés dans des laits provenant de 37 chameaux de Bactriane, 42 dromadaires et 6 hybrides du Kazakhstan. La particularité de ce pays est que les deux espèces de grands camélidés et leurs hybrides cohabitent parfois dans les mêmes fermes. Ces deux paramètres ont été estimés en fonction des variabilités saisonnières (4 saisons) et régionales (4 régions) en plus de la variabilité spécifique. Dans le lait cru, la concentration moyenne de Lf a été de 0.229 ±0.135 mg/mL et celle des IgGs de 0.718 ±0.330 mg/mL. Il existe des variations saisonnières (qui reflètent surtout les variations de la qualité des fourrages et le stade physiologique, toutes les chamelles ayant mises bas le même mois ou presque) avec des valeurs printanières plus élevées pour la Lf et des valeurs hivernales plus hautes pour les IgGS. Après la mise bas, la teneur quotidienne de Lf varie de 1.422 mg/mL à 0.586 mg/mL, celle des IgGs de 132mg/mL à 4.75 mg/mL, marquant ainsi une forte décroissance comme on l’observe dans les autres espèces. On observe également une corrélation faiblement significative (P >0.05) entre la Lf et les IgGs. Ces valeurs sont sensiblement plus élevées que dans le lait de vache, mais pas dans des proportions telles qu’elles peuvent justifier les vertus médicinales qu’on attribue au lait de chamelle, mais il reste à étudier l’activité antibactérienne de ces lactoprotéines.
Le lait de chamelle a-t-il des propriétés antituberculeuses ? Depuis longtemps, le lait de chamelle est utilisé dans les Sanatorium d’Asie Centrale en cure de plusieurs
litres par jour comme adjuvant de la lutte contre la tuberculose. Cependant, les études sont souvent empiriques et les
protocoles scientifiques souvent peu rigoureux. Une récente équipe indienne a tenté des essais sur des patients atteints
de tuberculose.
Les signes cliniques, bactériologiques, radiologiques et hémato-biochimiques, le taux d’immunoglobulines, le test de Mantoux (test tuberculinique) et le poids corporel ont été relevés avant et à la fin de l’expérimentation. Les résultats sont assez spectaculaires. En effet, à la fin de l’essai, aucune toux ni expectoration, difficulté respiratoire ou douleur poitrinaire n’est observée dans le groupe T1 traité au lait de chamelle. De plus, le statut bactériologique (présence de Mycobactéries) s’est avéré négatif dans le groupe T1 alors qu’il reste positif dans le groupe T0. Le test de Mantoux est négatif dans le groupe T1 à la fin de l’expérimentation. A la radioscopie, on observe une réduction des lésions, plus prononcée dans le groupe T1. Les observations hématologiques révèlent de façon significative (p < 0.01), une augmentation de l’hémoglobine, une réduction du temps de sédimentation des érythrocytes et du taux de leucocytes chez les patients recevant du lait de chamelle. Une augmentation de l’appétit et du poids corporel est observée chez les buveurs de lait de chamelle. L’activité de la LDH (lactate déshydrogénase) et de la CPK (créatine phosphokinase) a diminué également dans le groupe T1. On a observé aussi une augmentation significative du zinc et du fer plasmatique dans le groupe T1. Enfin, les immunoglobulines A et G passent de 3 4,98 et 41,55 mg/ml dans le groupe T0 à 45,18 et 65,25 respectivement dans le groupe T1. Ces résultats suggèrent aux auteurs qu’il y a un effet bénéfique de la supplémentation en lait de chamelle chez les patients tuberculeux. Toutefois, on ne sait pas si le protocole a été réalisé en double aveugle et si la rémission est durable ou pas. D’autres études de ce genre, encore plus rigoureuses sont nécessaires pour approfondir l’éventuel rôle du lait de chamelle dans l’amélioration observée chez les patients tuberculeux.
La matière grasse du lait de dromadaire : composition, microstructure et polymorphisme. On connaît les vertus du lait de dromadaire sur le plan nutritionnel. Ces vertus sont en grande partie liées à sa
composition chimique. Plusieurs travaux récents tentent de percer les raisons chimiques et biochimiques fondamentales qui expliquent
ces vertus nutritionnelles. La revue des connaissances proposée par les auteurs de cet article fait le point sur le sujet.
La matière grasse du lait est organisée en globules de diamètre variable selon les espèces. Or, le gras de lait de chamelle se présente sous forme de globules de plus petits diamètres que le lait de vache (3,46 µm contre 4,42 chez la vache) et en nombre plus important (3,3 x 109 contre 1,5 X 109) ce qui le rend plus sensible à la digestion enzymatique intestinale et donc plus digestible, mais en contrepartie explique ça faible capacité à se transformer en beurre. De plus, ces globules sont entourés d’une membrane phospholipoprotéique plus épaisse et plus riche en phospholipides que dans le lait de vache ce qui explique une meilleure stabilité des émulsions du lait de chamelle : au repos, la crème " ne monte pas " comme dans le lait de vache. Le point de fusion des matières grasses du lait est plus élevé dans le lait de chamelle que dans le lait de vache. Ceci est lié à la plus grande richesse en acides gras à longue chaîne, mais c’est aussi une marque de l’adaptation car le lait de chamelle est produit dans des conditions climatiques généralement plus chaudes. Cela contribue donc à la stabilité du lait de chamelle même sous la canicule !! Enfin, ce qui caractérise aussi la matière grasse du lait, c’est l’important polymorphisme (à la fois thermique et structural) des formes cristallines des triglycérides, notamment lors des processus de refroidissement du lait, en dépit de structures beaucoup plus simples que dans le lait de vache. Dommage que l’article n’en tire pas des conclusions plus opérationnelles, mais il souligne néanmoins, la particularité du lait de dromadaire et qu’il ne faut pas se contenter de noter simplement le taux de matières grasses.
Le lait de chamelle a-t-il des propriétés anti-cancéreuses ? On prête au lait de chamelle bien des vertus mais les confirmations scientifiques restent à mettre en œuvre dans bien des cas, les résultats empiriques prédominants sur le sérieux des protocoles. L'article récemment publié dans une revue saoudienne apparaît intéressant à cet égard. L'auteur a voulu déterminer l'effet du lait de chamelle, provenant d'animaux recevant différentes rations alimentaires, sur des cancers (cancer du foie induit par l'aflatoxine B1) du rat albinos Wistar. L'idée a consisté à vérifier l'effet du lait sur des bio marqueurs tels que TGO (transaminase glutamique oxaloacétique), TGP (transaminase glutamique pyruvique), GGT (gamma glutamyl transférase), urée, acide urique, créatinine, bilirubine, hémoglobine, cholestérol, triacylglycerol et glucose, tout paramètre ayant un lien avec une atteinte cancéreuse du foie. Les rats traités étaient injectés par voie intra péritonéale avec une simple dose d'aflatoxine B1 (0,075 mg/kg de poids vif). Après 3 semaines, en comparant avec des rats témoins non traités, l'auteur observe une augmentation de tous les paramètres mesurés à l'exception de l'hémoglobine indiquant l'induction du cancer. Après une semaine d'alimentation des rats à base de lait de chamelle, les paramètres tels que la créatinine, l'hémoglobine et le triacylglycerol ont retrouvé un taux normal indiquant selon l'auteur une action anticancéreuse. Il est probable qu'une telle expérimentation mérite des approfondissements pour quantifier l'activité potentiellement anticancéreuse du lait de chamelle mais ces résultats sont encourageants.
Lipides corporels et adaptation du dromadaire au manque deau et de nourriture: nouvelles données sur la taille des adipocytes et la leptine plasmatique La capacité du dromadaire à résister à la soif et au manque de nourriture est proverbiale. Cette capacité est liée à des
mécanismes d'adaptation remarquable, incluant la mobilisation des réserves corporelles de lipides (le tissu gras) pendant les périodes de
sous-nutrition et le stockage des graisses lors de période plus favorables sur le plan alimentaire. Or, la particularité du dromadaire est
qu'il stocke la majeure partie de la graisse dans sa bosse (réserve externe) et dans une moindre mesure autour des reins et dans le mésentère
(réserves internes). Ces graisses sont stockées dans des cellules particulières, les adipocytes, qui ont la capacité d'augmenter de volume
sous l'effet de l'accumulation de lipides dans une partie de leur cytoplasme. La mesure du diamètre de ces adipocytes renseigne sur l'état
des réserves adipeuses, mais chez le dromadaire ces mesures ont rarement été réalisées. Par ailleurs, les adipocytes secrètent une hormone,
la leptine, qui joue un rôle majeur dans la régulation de l'homéostasie énergétique ou autrement dit, régule le stockage des graisses et les
équilibres des indicateurs lipidiques dans le sang. Pour en savoir plus :
Les secrets de la paroi des globules rouges chez le dromadaire
Dans un article récent, des auteurs d'Arabie saoudite comparent les effets du jeûne (7 jours
sans manger) et de la déshydratation (10 jours sans boire) suivie d'une réhydratation, sur les membranes des
globules rouges du dromadaire, du mouton et de la chèvre. En effet, une des particularités de l'adaptation du
dromadaire à la sècheresse et surtout à la réhydratation brutale, est sa capacité à diminuer la pression osmotique
du plasma lors d'apport massif d'eau dans le circuit sanguin, ce qui chez la plupart des espèces se traduit par
un éclatement des globules rouges (hémolyse) qui se gonflent d'eau et par la mort de l'animal (ce pourquoi chez
l'homme déshydraté, on préconise une réhydratation graduelle). Le secret de cette propriété exceptionnelle des
globules rouges (érythrocytes) du dromadaire tient probablement dans les particularités biochimiques de la paroi
de ces cellules sanguines. Aussi les auteurs saoudiens ont-ils mesuré les lipides totaux, le cholestérol, les
phospholipides totaux, les classes de phospholipides, les acides gras dans chacune de ces classes, et les
protéines dans les membranes des globules rouges chez les 3 espèces.
Explication au phénomène
de la faible motilité spermatique du dromadaire.
L'un des freins au développement de l'insémination artificielle (IA) chez le dromadaire
est la faible survie des spermatozoïdes au cours de la congélation et leur faible motilité. Une étude récente a
permis de trouver une explication au phénomène de la faible motilité spermatique dans cette espèce. La
question que se posent les inséminateurs et ceux qui veulent développer l'IA est celle de l'utilisation du
matériel de collecte. Est-ce que le matériau (caoutchouc) utilisé comme vagin artificiel (VA) en est la
cause principale ? Dans l’essai mentionné par les auteurs, ont été utilisés un VA classique en caoutchouc
(63 collections provenant de 6 dromadaires mâles) et un VA en verre (51 collections). L'examen microscopique
de la semence a montré que les spermatozoïdes étaient densément agglomérés et piégés. Initialement non
motiles, ils sont capables de bouger par oscillation de leur flagelle. Sur la semence diluée et
réfrigérée, la population est hétérogène, parfois composée de spermatozoïdes agglomérés et piégés,
parfois libres et assez motiles. A l'examen microscopique, on s'aperçoit cependant que les têtes des
spermatozoïdes sont encastrées, étroitement rassemblées, les flagelles englués mais révélant de
fortes vibrations. La dilution de la semence a donc un effet bénéfique sur la motilité. En revanche,
on ne voit pas de différence entre les types de VA.
Le lait de chamelle est-il efficace contre le diabète ?
Les amateurs de lait de chamelle lui prêtent toutes les vertus et notamment celle d’avoir un effet bénéfique pour les diabétiques. C’est un propos souvent évoqué dans la littérature de vulgarisation concernant le lait de chamelle. Mais ces assertions ont-elles un fondement scientifique ? Un article paru dans Journal of Camel Practice and Research, revue éditée par l’université de Bikaner en Inde, semble l’attester. Sur un échantillon aléatoire de 24 diabétiques atteint du diabète de type I (insulinodépendants), par ailleurs sans troubles cliniques associés, les auteurs de l’article ont « traité », 12 d’entre eux avec du lait de chamelle avec une consommation d’un demi-litre par jour pendant 3 mois. Tous les patients étaient tenus de respecter le même régime et d'avoir une activité physique comparable entre les deux groupes ainsi qu’un traitement insulinique comparable. S’agissant d’une étude cas-témoin, on a veillé à ce chaque groupe soit comparable en terme démographique et clinique (même pyramide des âges par exemple). Un certain nombre de contrôles sanguins ont été réalisés (glycémie, insulinémie, hémoglobine glycosylée, cholestérolémie, triglycéridémie) et un questionnaire sur la qualité de vie a été soumis aux patients à la fin de leur traitement. Après 3 mois de traitement, les patients buvant du lait de chamelle ont vu une amélioration de leur glycémie moyenne à jeun passant de 115 à 100 mg/100 ml alors qu’elle n’a pas bougé dans le groupe non traité. La même évolution est perceptible pour l’hémoglobine glycosylée restée à 9,48 % chez les non traités tout le long de l’étude, alors qu’elle diminuait de 9,54 à 9,08 % chez les traités. Cela s’est traduit par une diminution de la demande en insuline restant à environ 40 UI/j chez les non traités et passant de 42 à 30 UI/j chez les amateurs de lait de chamelle. Les autres paramètres sanguins en revanche n’ont pas été influencés par le traitement. Cependant, l’indice de satisfaction de la qualité de vie a nettement été amélioré et de façon significative chez les buveurs de lait, celui-ci passant de 28 à 22, alors qu’il est resté à 26,5 chez les non traités tout au long de l’expérience. La raison de cette amélioration serait due à la présence d’insuline dans le lait de chamelle (52 UI/l). Normalement neutralisé par le caillage du lait dans l’estomac sous l’effet de l’acidité du milieu, il semble que le lait de chamelle ne caillant pas comme ceux des autres espèces, l’insuline du lait de chamelle pourrait en grande partie se retrouver intacte dans l’intestin où elle pourrait être absorbée. En tout état de cause, il semble que la consommation régulière de lait de chamelle ait une action hypoglycémiante et régulatrice de la glycémie chez les patients insulinodépendants. Voilà des résultats à creuser et à mettre au crédit des facteurs santé attribués au lait de chamelle.
Diversité et relations génétiques chez les dromadaires kenyans :
implications pour leur classification Il est peu de dire que les références sur la génétique du dromadaire sont
rares et peu documentées. Aussi, doit-on saluer la publication de cet article d’une équipe
internationale (Kenya, Chine, Ethiopie, Allemagne, Belgique) sur les races de dromadaires du Kenya.
Les auteurs s’interrogent sur les relations entre les races du Kenya identifiées par les producteurs
sur des bases purement phénotypiques (races Somali, Turkana, Rendille et Gabbra) et des animaux provenant
du Pakistan et de la péninsule arabique (Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis). Ces comparaisons se sont
appuyées sur 14 loci microsatellites afin de réaliser une analyse phylogénétique. Le résultat indique
clairement que la variabilité génétique (l’hétérozygotie) interne aux races kenyanes est très faible comparée
à la variabilité interne aux races non kenyanes. En fait, les races kenyanes sont peu différentes les unes
des autres avec un seul, parfois 2 loci les distinguant les unes des autres. A partir des éléments moléculaires
disponibles sur un animal donné, on peut lui attribuer un nom de race avec une certitude de 39 à 48 % seulement.
On peut donc dire sans se tromper trop que les fameuses « races » kenyanes ne sont que des variétés d’une même race
qui s’appuient plus sur des distinctions d’ordre socioculturel que biologique. Toutefois, selon le calcul de la
distance génétique, on peut distinguer une entité Somali, distincte des 3 autres races kenyanes. Cela dit, dans
tous les cas les distances génétiques, y compris avec les races asiatiques apparaissent faibles. A titre d’exemple,
les distances entre les races kenyanes sont comprises entre 0,025 et 0,037, entre les races africaines et les
races asiatiques entre 0,098 et 0,211, et entre les races de dromadaire et le chameau de Bactriane (à deux bosses)
entre 0,775 et 0,789.
L’activité des enzymes détoxifiantes chez le dromadaire. En cas d’intoxication par des organophosphorés (produits largement utilisés dans les
antiparasitaires) ou lors d’apport de médicaments comme l’aspirine, les organismes animaux métabolisent des
« xénobiotiques » (produits biologiques étrangers à l’organisme) par l’action d’enzymes (les esterases) que l’on
retrouve dans le plasma ou le foie. Plus le taux d’estérase est élevé, plus on peut considérer que les animaux
sont capables d’hydrolyser les xénobiotiques et donc de se soustraire à une intoxication.
Du nouveau sur les mammites de la chamelle. Les chamelles, comme toutes les femelles à vocation laitière, sont soumises à des infections
cliniques ou subcliniques, mais les données concernant la chamelle sont plutôt assez rares. Il est vrai que dans
un contexte de traite manuelle pour une autoconsommation d’un lait peu soumis à transformation, le problème des
mammites n’apparaissait pas prioritaire. Cependant, la commercialisation grandissante du lait de chamelle dans nombre
de villes africaines et du monde arabe, sa transformation dans certaines unités comme en Mauritanie, font que les
infections mammaires deviennent une préoccupation des producteurs, des transformateurs, des consommateurs et des
chercheurs.
La diversité génétique des dromadaires au Kenya. On sait que la génétique du dromadaire reste problématique parce que peu explorée. Les producteurs distinguent bien des " races " mais les critères sont purement phénotypiques et la sélection a rarement été poussée sauf peut être pour les dromadaires de course dans les Emirats et probablement dans les pays d'Asie Centrale pour la production laitière. Dans un article récent, Mburu et al., (2003), paru dans Animal Genetics, une caractérisation moléculaire a été tentée sur 4 types d'Afrique de l'Est décrits traditionnellement, à savoir les dromadaires Somali, Turkana, Rendille et Gabbra ainsi que des dromadaires du Pakistan et des Emirats Arabes. La comparaison s'appuie sur 14 microsatellites. Les résultats indiquent que du point de vue phylogénétique, les dromadaires du Kenya diffèrent des deux autres. En fait, à l'exception du Somali, il est difficile de différencier les 3 autres variétés africaines. Seuls un ou deux loci séparent les populations Gabbra, Rendille et Turkana. Les auteurs en concluent que pour ces 3 derniers types, il n'est pas possible de considérer qu'il s'agit de 3 races différentes, mais seulement de dénominations socio-géographiques variées pour un même type d'animal.
Test à la tolerance au glucose chez le dromadaire
pendant la déshydratation et la réhydratation en hiver et en été. Des chamelles adultes sont déshydratées pendant 24 jours en hiver et 13 jours en été. A chacune de ces chamelles , on injecte du glucose en intraveineuse pour tester leur tolérance au glucose en mesurant le taux de disparition (k) et la demi-vie (T1/2) c'est-a-dire le temps necessaire pour que la moitié du glucose disparaisse. La valeur de k exprimée en %/minute est de 6.67 en hiver et 5.14 en été pendant la phase de deshydratation. La valeur de T1/2, exprimée en minutes, est de 11.37 en hiver et 14.12 en été. Ces différences sont significatives. Globalement la déshydratation s'accompagne d'une diminution de la vitesse de disparition du glucose qui s'explique par une demi-vie plus longue. Le dromadaire déshydraté tend donc à stocker plus longuement le glucose. Or le métabolisme du glucose contribue à une élimination accrue de l'eau dans les urines. En diminuant la demi-vie du glucose et en ralentissant la disparition de celui-ci, le dromadaire déshydraté économise donc de l'eau en ralentissant le métabolisme du glucose. Astucieux, une fois de plus.
Du nouveau sur la bosse !!
L'étude présentée dans cet article visait à quantifier les concentrations en
acides gras dans la bosse et le gras abdominal dans 3 groupes de 8 dromadaires classés selon
l'âge : moins de 1 an, de 1 à 3 ans et plus de 3 ans. La concentration en acides gras a été
déterminée par chromatographie gaz-liquide. Reste à savoir s'il y a une différence avec le chameau à deux bosses. En effet, on peut constater qu'en cas d'amaigrissement, la bosse du dromadaire semble fondre, alors que chez le chameau de Bactriane, les bosses flanchent comme des sacs en train de se vider. Est-ce lié à la composition en acides gras ???
The sequence of camelpox virus shows it is most
closely related to variola virus, the cause of smallpox. Le virus de la variole humaine et celui de la variole cameline appartiennent tous
les deux à la famille des orthopoxvirus. Chez les deux espèces, ce virus provoque une maladie grave,
contagieuse, parfois mortelle. Les séquences génomiques des souches virulentes de la variole caméline
sont déterminées et leurs caractéristiques désormais connues. Le gène du virus de la variole caméline
(CPV) comprend 202 182 paires de base (pb) avec des séquences répétées inversées (ITR en anglais)
de 6 045 pb et 206 cadres de lecture (ORF en anglais). Les gènes apparaissent fortement associés
à des séquences non-codantes comme pour les autres orthopoxvirus. La région centrale du génome
contient des gènes qu'on retrouve chez les autres orthopoxvirus. En revanche, les gènes situés dans
les parties terminales sont en général plus variables et permettent de coder des protéines impliquées
fortement dans la virulence et l'immunomodulation du virus, donc de le spécifier. La relation entre le
virus humain et le virus du chameau a donc été analysée par la comparaison des ADN et des séances
protéiques prédictives, la répétition observée dans les ITR, et l'agencement dans les ORF
au sein des régions terminales. Les comparaisons donnent la même conclusion : Voir aussi : VARIOLE CAMELINE : une arme biologique ?
Les chameaux donnent leurs anticorps à la science Un groupe d'étudiants de l'université libre de Bruxelles a découvert par hasard que le sang du dromadaire comporte une grande quantité d'anticorps plus légers que les immunoglobulines G classiques. Ces anticorps ont une chaîne lourde et 2 sites de reconnaissance comme les IgG mais, contrairement à ces dernières, ils sont dépourvus de chaînes légères. Ce type d'anticorps permet au dromadaire de s'immuniser contre de petites enzymes comme un lysozyme ou une ribonucléase, ce qui n'est pas le cas avec les anticorps classiques. Economes et très variables, les anticorps SD (single domain) semblent contribuer à aider les dromadaires à survivre dans les conditions difficiles du désert. De nombreuses utilisations sont possibles : diagnostiquer un cancer ou une gestation, inhiber les enzymes d'un virus, etc.
Application of new world Camelidae microsatellite primers for amplification
of polymorphic loci in OLd World Camelids. C'est une équipe de l'ILRI (International Livestock Research Institute) qui a réussi à amplifier l'ADN de 34 dromadaires du Kenya et 34 chameaux de Bactriane (dont 2 sauvages) en utilisant des échantillons de 2 lamas et de 2 alpagas comme contrôle positif. L'un des résultats qui reste à confirmer semble indiquer que les individus sauvages ne sont pas génétiquement identiques aux individus domestiques. Seraient-ils en fait une autre espèce, plus proche de l'ancêtre commun au chameau et au dromadaire ?
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