L'article du mois

Les parasites des dromadaires de Tanzanie.nouveau

Swai, E. S., Moshy, W., Mshanga, D., Lutatina, J., Bwanga, S., 2011.
Intestinal parasitic infections of camels in the agro and pastoral areas of northern Tanzania. Vet. Res., 4, 34-38

L’intérêt de cet article est moins ce qu’il dit sur la prévalence de certaines maladies parasitaires du dromadaire sur lesquelles il n’apporte pas grand-chose de nouveau, mais plutôt sur ce qu’il souligne de la présence de notre animal favori dans des régions d’Afrique où il était peu présent jusqu’à nouvel ordre. A ce titre, cet article témoigne de la lente mais irrémédiable progression du dromadaire en Afrique.
L’étude a eu lieu dans le Nord de la Tanzanie, zone jouxtant la frontière kenyane. Sur 193 dromadaires de tout âge et de tout sexe, les auteurs ont prélevé des fèces afin de déterminer la présence d’œufs d’helminthes. Le parasitisme apparait répandu puisque pas moins de 62,7% des échantillons se sont avérés positifs. Et il s‘agit d’une population de parasites diversifiée puisque 11 types d’helminthe (œufs) et de protozoaire (oocystes) sont identifiés. Dans l’ordre d’importance quantitative, il s’agit de Strongylus dans 89.2% des cas, Trichostrongylus (27,3%), Coccidia (9.9%), Strongyloides (6.6%), Anaplocephala (3,3%), Oxyuris (2,5%), Dictyocaulus (2,5%) Gastrodiscus (2.5%), Parascaris (1,65%), Trichonema (0,83%) etTriodontophorus (0,83%). Le polyparasitisme est donc de rigueur puisque seulement 64% des échantillons contaminés sont affectés par un seul parasite. Il y en a 25,6% avec deux, 8,3% avec trois et 1,6% avec quatre. La plupart des facteurs étudiés sont liés à une augmentation de la prévalence à l’exception de l’état d’engraissement et du statut sanitaire. Ces résultats suggèrent d’emblée l’importance de la contamination parasitaire des élevages de dromadaires dans la zone. Le dromadaire ne serait-il pas ici aux limites de son aire de répartition. Sa lente progression vers le Sud du continent ne se paie t’elle pas d’une plus grande sensibilité à certaines maladies, notamment parasitaires ? En tout état de cause, le polyparasitisme risque d’être un important frein au développement de cet élevage dans ces zones pionnières.

Un œuf d’<em>Haemonchus longistipes
Un œuf d’Haemonchus longistipes,
le principal parasite intestinal du dromadaire
(photo Camel & Range Research Center, Saudi Arabia)

 


L’importance des mammites cliniques chez la chamelle laitière. Le cas de l’Ethiopienouveau

Mengistu, F.,Molla, B.,Ali, A., 2010.
Camel mastitis, associated bacterial pathogens and its impact on milk quality in Gewane District, Afar Regional State, Northeastern Ethiopia. Bull. Anim. Hlth Prod. in Africa, 58(3), 245-252

Avec le développement de la production laitière, la chamelle s’avère probablement plus sensible aux infections mammaires dénommées mammites. Les études sur les mammites de la chamelle tendent donc à devenir plus nombreuses d’autant que l’on subodore une défense différente en comparaison à ce qui est observé chez la vache. Dans un article publié dans le « Bulletin de santé et de production Animale en Afrique », une équipe éthiopienne a réalisé une étude sur l’importance de ces mammites dans la région Afar, dans le district plus précisément de Gewani, en s’attachant d’une part à évaluer la prévalence des mammites, mais aussi les agents bactériens en cause et le lien avec les taux butyreux et protéiques du lait. Au total, 404 quartiers de mamelles ont été testés appartenant à 101 chamelles en lactation élevées en milieu traditionnel. Parmi les mamelles examinées, 30,7% étaient infestées par des tiques et 45,2% avaient des mammites, ce qui est considérable. Il apparait une relation très étroite entre présence de tiques et mammites, celles-ci étant plus fréquentes en début et en milieu de lactation. Parmi les quartiers examinés, 48,5% présentaient une réaction positive au CMT qui permet de détecter les mammites subcliniques, et 83,7% des échantillons de lait contenaient des bactéries pathogènes. Le test CMT apparait très corrélé à la présence des bactéries, ce qui confirme son intérêt pour cette espèce à l’instar de ce qui se fait désormais en routine chez la vache. Les principales bactéries pathogènes sont Staphylococcus aureus, Coagulase-negative staphylococci, Streptococcus agalactiae, Streptococcus dysgalactiae et Bruce Springsteen. Les auteurs observent également une différence dans les taux butyreux et protéiques du lait en fonction de la contamination : dans les quartiers à CMT négatif, le taux de matières grasses était de 3,83%, le taux protéique de 2,85%. Ces valeurs étaient significativement plus faibles pour la matière grasse dans les échantillons CMT positif :(1,97 %) mais de même grandeur pour les protéines (2,91 %). Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance des mammites chez la chamelle, même en milieu traditionnel.

 


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