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L’horloge biologique du dromadairenouveau

Allali KE, Achaâban MR, Bothorel B, Piro M, Bouâouda H, Allouchi ME, Ouassat M, Malan A, Pévet P., 2013.
Entrainment of the circadian clock by daily ambient temperature cycles in the camel (Camelus dromedarius). Am J Physiol Regul Integr Comp Physiol., 304: R1044 –R1052

© B. Faye
Rythme circadien chez le dromadaire :
quel effet de la température ambiante ?
© B. Faye

Tous les mammifères, y compris l’homme sont soumis au cycle  circadien du jour et de la nuit responsable de la synchronisation de l’horloge biologique. C’est elle qui incite à dormir la nuit et être actif le jour. Mais la température ambiante (Ta) et non seulement la lumière pourrait jouer un rôle dans ce cycle. Or le dromadaire est exposé à des températures extrêmes et une équipe marocaine s’est récemment interrogée sur le rôle de la température ambiante dans la synchronisation du rythme circadien chez cette espèce. Le rythme de la température corporelle (Tc) a été considéré comme une manifestation facilement observable de l’horloge biologique. Après avoir vérifié que la Tc est synchronisée par le cycle jour/nuit, les animaux ont été soumis à des cycles de Ta pendant des périodes continues de lumière, puis de nuit (chaque cycle durant plusieurs jours). Dans les deux cas, le rythme de la Tc dépendant du rythme de la Ta s'impose au sein de chacun des cycles de lumière ou d’obscurité. Dans les cycles de Ta de 12h, le décalage du cycle de Tc en cas de cycle jour/nuit alterné est de quelques heures (environ 1h), de 7-8h en cas de lumière permanente et de 12h en cas de nuit permanente. De tels résultats semblent refléter une synchronisation de l’horloge biologique par la température ambiante ou bien un effet passif de Ta sur Tc. Pour mieux comprendre ce qui se passe, le rythme de la mélatonine, l’hormone de l’horloge biologique (elle augmente naturellement la nuit induisant le besoin de sommeil), a été déterminée. En obscurité permanente, le rythme de la mélatonine s’est montré entraîné par le cycle de Ta, prouvant ainsi que la température ambiante est capable d’entraîner l’horloge biologique au même titre que la photopériode. En revanche, pendant les cycles normaux jour/nuit, le rythme de la mélatonine n’a été modifié par la température ambiante que sur une partie des chamelles en expérimentation (2 sur 7). Autrement dit, le rôle de « minuteur » du cycle de température ambiante, dépend des conditions expérimentales. Mais il y a un effet certain qui nécessite encore d’autres recherches.


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