La capture des vigognes pour collecter leur laine 
(février 2011)

Dans les Andes péruviennes, est organisé chaque année un évènement dont l’origine remonte à la période inca, appelé le « Chaccu », et qui consiste à capturer des troupeaux de vigognes (la vigogne est un petit camélidé andin sauvage qui ne se domestique pas) pour en collecter la laine. La vigogne produit en effet en faible quantité une fibre remarquable, d’une finesse extrême très recherchée par le marché du luxe.

Jusqu’à une période récente, la vigogne était considérée comme une espèce très menacée car chassée pour sa viande et son cuir. La laine était prélevée sur l’animal mort. En 1974, on considérait la population de vigognes à moins de 6000 têtes (majoritairement au Pérou). La dernière estimation en 2008, évalue la population à plus de 220000 têtes. Ce retour est lié entre autres à l’interdiction de la chasse dans toutes Andes, et surtout à la promotion de la tonte de façon durable par les communautés andines elles-mêmes sur la base des pratiques anciennes.

Il s’agissait en effet de partir de l’idée que les communautés indiennes étaient les mieux placées pour protéger les vigognes dès lors que cette protection leur apportait un bénéfice. De fait, avec un prix au kg de 300 à 650 USD, la laine de vigogne, la plus chère du monde, est une source de revenus très intéressante pour les populations andines.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le « chaccu » annuel. Les vigognes sauvages sont rassemblées par des rabatteurs vers des enclos où les animaux sont capturés individuellement, puis tondus. Une vigogne ne donne guère que 150 g de laine de très haute qualité. Les bénéfices que peuvent en tirer les communautés andines viennent donc du nombre d’animaux capturés. Plusieurs ONG péruviennes tentent d’organiser ces « chaccu » qui donnent lieu aussi à diverses manifestations culturelles autour des traditions andines. Il s’agit surtout pour ces ONG d’éviter que de grosses entreprises textiles s’immiscent dans ce décor, ce qui conduirait à réduire les communautés andines à des salariés qui ne tireraient aucun bénéfice direct de cette capture annuelle aboutissant à une dégradation des pratiques et à une résurgence du braconnage.

Les vigognes sont les plus petits des camélidés. Ils sont sauvages et leur laine est d’une extrême finesse.
Les animaux capturés pour la tonte sont parfois marqués à l’oreille.
Photo : C Whitehead et B. Faye

 


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