Des chameaux au Botswana nouveau

En Afrique, le dromadaire occupe les zones arides du nord du continent. Pourtant l’Afrique australe détient quelques têtes autour des régions arides du désert du Kalahari. C’est ainsi que la Namibie déclare officiellement une petite population de 90 dromadaires sur son territoire (source FAOstat, 2019). Le Botswana voisin est absent de la liste officielle des pays possédant des camélidés. Pourtant, une publication récente (Seifu, E., Madibela, O. R. and Teketay, D. (2019). Camels in Botswana: Herd dynamics and future development implications. Botswana Journal of Agriculture and Applied Sciences 13 (1), 12-25) rapporte qu’il existe un cheptel camelin dans ce pays. Ce cheptel camelin existe pourtant depuis longtemps dans le pays, puisque les premières importations datent du début du 20éme siècle (en provenance d’Afrique du Sud). L’objectif de ces importations étaient essentiellement de procurer des animaux de selle pour les patrouilles de police dans l’erg de Kgalagadi et pour le transport postal ! Les forces de police de cette région très désertique les ont utilisés pour la monte sellée jusqu’en 2001. Par la suite, ils ont été distribués aux communautés locales avec l’intention de développer une industrie touristique basée sur le safari à dos de chameau. C’est ainsi qu’ils ont constitué le cheptel du Tsabong Camel Park (TCP) situé dans le sud du pays à la frontière sud-africaine. Le TCP possède en effet 370 dromadaires, utilisés essentiellement pour le tourisme dans le cadre des activités du parc. Pourtant les auteurs de l’article cité plus haut insistent sur le potentiel que représente ce cheptel pour la production de lait qui pourrait être aisément écoulé auprès des visiteurs du Parc. La production de viande de chameau pourrait être aussi une forme de valorisation potentielle, notamment pour mettre sur le marché les mâles en surplus. De nombreuses recommandations sont faites par les auteurs de ce texte pour améliorer cet élevage de l’autre côté du continent. En tout cas, ce petit cheptel témoigne d’une certaine manière de l’expansion géographique de l’espèce cameline au-delà de ses lieux traditionnels d’élevage.

Photo E. Seifu
Photo E. Seifu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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