Le dromadaire dans l'ancienne Egypte
(décembre 2013)

C’est un fait largement répété : le dromadaire a été introduit dans le nord de l’Afrique au début de l’ère chrétienne (un peu plus tôt en Afrique de l’Est). Du coup, on considère qu’il était absent d’Egypte à l’époque des pharaons. En conséquence faire une promenade à dos de dromadaire au pied des pyramides est une aberration si on veut rester authentique. L’argument massue sans cesse formulé par les tenants de cette théorie est qu’il n’y a pas de dromadaires représenté dans les hiéroglyphes et les tombeaux, sur les parchemins ou les colonnes des temples de l’époque des pharaons. De fait, les premières mentions du dromadaire dans l’Egypte ancienne sont relatives non pas à la présence de l’animal dans l’empire, mais  à sa participation aux guerres contre les assyriens et les perses aux environs du 6éme  et 7éme siècle avant J.C., guerres auxquelles participaient des troupes arabes venue de la région nord de l’actuel Arabie Saoudite. On retrouve le dromadaire dans d’autres batailles à l’époque d’Alexandre en 331 avant JC et contre Jules césar en 46 avant JC. Mais il y a aussi des références concernant l’usage du dromadaire dans des caravanes entre le Nil et la Mer Rouge à travers le désert de l’Est et le Sinaï. Le dromadaire était donc plutôt de passage dans l’Egypte ancienne, mais pas totalement absent.

Les égyptologues affirment qu’il n’existait pas de mot égyptien pour désigner le dromadaire. Par ailleurs, sa représentation dans des objets (poteries notamment) apparait très rarement. Une rare poterie en forme de dromadaire baraqué datant de la première dynastie  (3200-2900 avant JC) a été exhumée au sud du Caire il y a plus d’un siècle (maintenant au musée de Berlin). Quelques rares figurines également avec des têtes de dromadaire datant de la même époque ont été décrites à Hieraconpolis, au sud du Caire également.  Des statuettes représentant des dromadaires ont été mentionnées aussi dans des tombes de  l’époque de la neuvième dynastie (1170-1090 avant JC). Quelques rares peintures également sur des jarres sont rapportées à l’époque de Ramsès.

Mais c’est vraiment à l’époque romaine, que la présence du dromadaire sous forme de figurines et de poteries apparait prépondérante. Les représentations datant de cette période se multiplient.
Le dromadaire était donc probablement connu des égyptiens de l’antiquité, mais « il ne faisait pas partie du paysage ». De fait, il ne faisait pas partie du bestiaire divin à l’inverse du chat, du lion, de l’ibis, ou du faucon. Qu’il y ait des traces de son passage à l’occasion des guerres avec les voisins situés à l’Est du Nil, et lors de son arrivée par la vallée du Nil depuis l’actuel Soudan (ce qui est attesté sur le plan génétique aujourd’hui) ne fait aucun doute, et ce depuis fort longtemps, mais il reste un animal anecdotique dans la culture de l’Egypte ancienne. Il a « envahi peu à peu toute l’Afrique du Nord, puis le Sahara en suivant la désertification de toute cette région du monde que les spécialistes datent effectivement du début de l’ère chrétienne. Dans les gravures et peintures rupestres des régions sahariennes, le dromadaire n’apparait que dans les réalisations les plus récentes, remplaçant peu à peu les représentations des bovidés.


photo B. Faye
Le dromadaire au pied des pyramides :
une aberration à l’époque de l’Egypte ancienne !
Photo B. Faye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
Informations légales © Copyright Cirad 2001 - camel@cirad.fr