La foire de Pushkar (Inde)
(septembre 2001)

Foire de Pushkar, Rajasthan, Inde
Charette cameline montée
sur des roues d'avion !
(Photo B. Faye)

C'est le moment de la pleine lune de novembre à Pushkar au cœur du Rajasthan. Dans la petite ville blanche, au pied des collines, une fièvre s'empare des habitants habituellement calmes. C'est en effet le moment dans le calendrier hindouiste de fêter Brahma, le premier Dieu de la trinité hindoue. C'est à Pushkar que Brahma tua un démon qui terrorisait la région. Avec des pétales de lotus comme seule arme, il réussit non seulement à débarrasser les hommes du démon, mais il créa aussi le lac dans lequel se mire Pushkar la blanche. Aux alentours du temple dédié à Brahma, musiques et danses sont quotidiennes pendant les 5 jours que dure la fête.

Les paysans venus du désert du Thar envahissent les ruelles de Pushkar dans leurs plus beaux habits, les femmes couvertes de bijoux d'argent. Le jour de la pleine lune, tout le monde prend son bain rituel dans le lac aux premières lueurs du jour. Les femmes viennent au temple par milliers pour obtenir de Brahma, bonheur, mariage, fécondité ou tout à la fois. En ces jours de fastes, la beauté du lieu, des hommes et des rites est fabuleuse.

Foire de Pushkar, Rajasthan, Inde
(Photo B. Faye)

Mais c'est aussi l'occasion d'un immense rassemblement de dromadaires dans la plaine de sable à l'entrée de la ville : Pushkar, en cette heure devient la plus grande foire aux dromadaires du monde. Dix à vingt mille têtes parviennent dans les jours qui précèdent la grande fête rituelle. Des milliers d'animaux sont échangés. Les familles arrivent dans des grandes charrettes à 2 ou 4 roues (des roues d'avion !) toutes en bois, travaillées avec art et tirées par d'imposants dromadaires de la race Bikaneri pour la plupart. C'est une foire commerciale, certes. Mais c'est aussi une fête. Les bêtes ont donc droit, au même titre que les épouses et les jeunes filles, à un maquillage en règle et à des décorations assorties : colliers de perles autour du cou, fleurs dans les naseaux, taches de couleur noire sur la tête et le cou, découpe artistique du poil, tonte partielle, tapis de selle brodés. Certains animaux sont de véritables œuvres d'art ambulantes.

Au petit matin, quand s'éveillent les corneilles, chacun s'affaire auprès de ses quelques animaux. Une telle concentration de dromadaires nécessite une intendance en conséquence sur le plan alimentaire et pour l'abreuvement même si la réputation du dromadaire vis-à-vis de sa résistance à la soif est proverbiale. En ce mois de novembre, les nuits sont froides dans le désert du Rajasthan et les familles s'agglutinent autour d'un feu de brindilles. Déjà le thé est préparé sur les braises. Avant de s'avancer plus loin dans les marchandages commerciaux, les femmes collectent les excréments de chameaux, petites boules bien fermes qui, une fois séchées, seront vendues aux maraîchers de Pushkar. Des parcelles immenses bien délimitées contiennent ce précieux sous-produit de l'élevage. Sur le marché, s'échangent tous les accessoires nécessaires à l'élevage et l'agriculture, depuis les fourches en bois jusqu'aux harnais des charrettes.

Au fur et à mesure que monte le soleil dans le ciel poussiéreux de Pushkar, la foule colorée des hommes et des femmes en costume de fête circule au milieu des animaux aux apparences impassibles à cette activité. Ce mélange d'hommes et de bêtes d'une extrême vitalité, rempli des couleurs des vêtements et des décorations exubérantes des animaux, confère à la grande place de sable vide tout le reste de l'année, une beauté diabolique.

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Foire de Pushkar, Rajasthan, Inde
Une oeuvre d'art
(Photo National research centre on camel Bikaner (Inde)

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