Caractérisation de la population des dromadaires (Camelus dromedarius) en Tunisie

Mr OULD AHMED Mohamed (2009)
Thèse de doctorat en Sciences Agronomiques
Discipline : Sciences de la Production Animale
Institut National Agronomique de Tunisie (Tunisie); 172 p.

Résumé

Les conditions éco-climatiques (irrégularité de pluviométrie, températures élevées, vents continuels, etc.) freinent naturellement le développement de l’élevage dans le Sud tunisien. Néanmoins, il existe des sites géomorphologiques offrant des conditions plus ou moins favorables à l’existence des parcours spontanés caractéristiques (Dhahar, El-Ouara, Djeffara, etc.). En Tunisie, ces parcours représentent principalement la seule source alimentaire disponible pour les dromadaires. L’objectif de la thèse est de décrire les conditions d’élevage des dromadaires, analyser leur diversité génétique et de mettre en évidence les perspectives d’exploitation et de valorisation de leurs produits dans des systèmes d’élevage durables. Sachant que, le dromadaire occupe une place capitale dans le développement socioéconomique des éleveurs en raison des multiples biens et services qu’il procure. Cependant, des pressions d’origines diverses dont la croissance démographique, les sécheresses répétitives et des pratiques séculaires, faisant peser lourdes menaces sur le développement de l’espèce. C’est dans ce contexte que la présente étude sur la caractérisation de l’élevage et la diversité génétique a été entreprise en vue de déterminer les pratiques régissant la gestion de l’espèce et l’organisation de sa structure génétique. La connaissance de ces informations est capitale pour l’élaboration de toute stratégie d’exploitation et de conservation durable, rentable et bien ciblée. L’analyse de certaines pratiques d’élevage, a mis en relief des indices montrant que l’aspect traditionnel demeure dominant. Par ailleurs, nous avons observé qu’il y avait une tendance peut être timide et silencieuse vers l’amélioration de la conduite et de la productivité. Le dromadaire recèle d’importants "gisements" de production actuellement sousexploités. La mise en oeuvre des techniques d’élevage et des mécanismes économiques adéquats permettront la mise en valeur des produits camelins. Pour mieux valoriser, la levée des majeures contraintes identifiées peut se faire en agissant soit sur l’animal, soit sur son environnement (parcours, marchés, etc.) ou soit sur les deux (l’animal et l’environnement) ce qui est l’idéal. L’étude de la diversité génétique au moyen de 8 loci microsatellites a permis de détecter 34 allèles dans la population totale et de déterminer la diversité intra et inter populations, la structure et les distances génétiques entre les populations étudiées (Kebili, Médenine et Tataouine). Nous avons trouvé des valeurs relativement élevées pour les paramètres de diversité intra population avec un nombre moyen d’allèles par locus (A) de 4,25, un pourcentage de polymorphisme (P) de 100% et un taux d’hétérozygotie attendue non biaisée (Hnb) de 0,61. La matrice des distances génétiques montre des valeurs peu élevées (0,104 et 0,29) entre les populations prises deux à deux ce qui indique que les trois populations présentent une ressemblance génétique et laisse supposer qu’elles appartiennent au même groupe génétique. La valeur FIT=0,15 indique un coefficient de consanguinité de 15%. L’importance du flux de gènes entre les paires des populations et la différentiation génétique modérée moyenne entre les populations (FST=0,083) indiquent qu’un niveau d’échange de gènes assez significatif se fait entre les populations et qu’une part relativement très importante (92%) de la diversité génétique totale de l’espèce est d’origine intra population. Ce niveau de diversité et cette structuration génétique pourraient être essentiellement le fait de l’histoire évolutive de l’espèce et surtout les conséquences des stratégies de reproduction adoptées par les éleveurs favorisant la consanguinité. Afin de permettre une bonne conservation des ressources camelines, les résultats de cette thèse offrent de nouvelles perspectives pour la conservation de l’espèce. Les résultats informent sur les caractéristiques de la population cameline, capitales pour le maintien ou capture du maximum de diversité génétique de l’espèce. La conservation et la valorisation par l’utilisation durable des dromadaires font appel à une collaboration renforcée entre les différents intervenants (profession, développement et recherche scientifique). Cette vision devrait se formuler en quatre volets : 1) Organisation du secteur, 2) Protection de l’espèce et ça concerne essentiellement des mesures institutionnelles (incitations, législations, politiques économiques à entreprendre, etc.), 3) Valorisation par l’utilisation des produits et 4) Recherche scientifique afin de répondre aux questions posées. En somme, espérons que ces résultats amélioreront et guideront des programmes de conservation et de développement de l’espèce cameline en Tunisie.

Mots-clés : Dromadaire, pratiques d’élevage, diversité génétique, marqueurs microsatellites, conservation, développement, Tunisie.

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