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Archives des articles du mois
La machine à traire est elle stressante pour la chamelle ?Brahmi M, Atigui M, Hammadi I, Portanguen J, Hammadi M and Marnet P-G., 2021 Mettre en œuvre une traite mécanique de la chamelle est une pratique en plein développement. Pourtant, la facilité de traite est moins évidente que pour les autres espèces laitières telles que la chèvre, la vache ou la brebis. Disposant d’un rapport lait citernal/lait alvéolaire moins avantageux (en moyenne 7%/93%), la traite en milieu intensif sans la présence du chamelon implique une plus longue stimulation et un niveau de vide plus important que pour la vache. Dès lors, on peut se poser la question du stress engendré par la traite mécanique. Pour évaluer ce stress, une équipe franco-tunisienne a cherché à déterminer le niveau d’ocytocine (l’hormone qui permet la descente du lait) et de cortisol (l’hormone du stress) au cours de la tétée, de la traite manuelle et de la traite mécanique en présence ou non du chamelon, et de tester si la libération de ces hormones pouvait être régulée par le comportement maternel. Le niveau plasmatique de ces hormones a ainsi été mesuré chez 6 chamelles tunisiennes au cours de deux épisodes de tétée, deux épisodes de traite manuelle en présence du chamelon et de deux épisodes de traite mécanique sans la présence du chamelon. Différents profils d’ocytocine ont été observés, mais globalement le pic d’ocytocine est apparu plus élevé au cours de la tétée (environ 250 pg/ml) qu’au cours de la traite manuelle (environ 200 pg/ml) et surtout qu’au cours de la traite mécanique (environ 60 pg/ml). En revanche, il n’y a pas eu de différence significative dans les niveaux de cortisol, indiquant qu’avec des bonnes pratiques de traite, l’usage de la machine à traire n’est pas particulièrement stressante. En revanche, le niveau plus faible d’ocytocine en cas de traite mécanique sans la présence du petit peut être associé à un défaut du comportement maternel (préférence pour la présence du chamelon) d’une espèce peu sélectionnée sur la production laitière, et secondairement, par la plus faible stimulation obtenue avec la machine à traire.
La génomique du chameau et les propriétés bénéfiques de ses produitsAli A., Baby B.,
Vijayan R., 2019. On sait que les chameaux jouent un rôle important dans la vie des hommes occupant les régions arides, en raison de leur rôle polyvalent (lait, viande, transport, loisir…) et de leur capacité unique à s’adapter à des conditions difficiles. Pourtant, en dépit de cette importance économique, culturelle et biologique, le génome du chameau n’a pas été entièrement exploré. La taille du génome du chameau est d’environ 2,38 Go, soit 20 000 gènes. On s’accorde pour considérer que la composition génomique du chameau est assez exceptionnelle pour expliquer sa capacité à survivre dans des conditions environnementales extrêmes, à résister à la déshydratation, aux fortes amplitudes thermiques, au stress oxydatif, à des ressources alimentaires plutôt déficientes, du moins dans les conditions naturelles, et aux agressions des germes pathogènes. Le génome du chameau abrite en effet plusieurs gènes uniques qui sont à l’étude car ils permettraient de résister à plusieurs maladies. Divers produits naturels issus de cet animal (son lait, sa viande, son tissu adipeux) ont également été testés et prescrits comme thérapie auxiliaire de certaines maladies. Fait intéressant, le chameau utilise des mécanismes immunologiques et moléculaires uniques contre certains agents pathogènes et des processus pathologiques. L’article de revue cité ici, fait donc le point sur les progrès récents dans la détermination du génome des grands camélidés et surtout dans la réponse à diverses conditions physiologiques, l’immunogénétique (on sait que les immunoglobulines des camélidés sont pratiquement uniques dans le règne animal) et le potentiel médicinal de ces produits géniques. Notons que pour une fois, un article de revue sur les bienfaits des produits du chameau s’appuie sur une somme assez remarquable de références.
Le chameau et la Covid-19Nagy P., Wernery
U., Burger P., Juhasz J., Faye B., 2021. La pandémie duCOVID-19 a bouleversé nos vies et tous les secteurs d’activité. Bien évidemment le secteur camelin a lui aussi été touché. Mais de quel point de vue et à quelle échelle ? Une équipe internationale de chercheurs ont donc tenté de faire un bilan des impacts sur l’élevage camelin de cette terrible pandémie. Trois points majeurs ont été abordés dans cette publication. Premièrement, le secteur camelin en tant que garant de la sécurité alimentaire des pays d’élevage a pu être impacté par la contamination des propriétaires ou du personnel dans les fermes ou les ateliers de transformation (abattoirs, laiteries) conduisant à des troubles dans la gestion de la main-d’œuvre. En second, les difficultés dans le réseau international de distribution de produits camelins en raison de la restriction des mouvements, en particulier pendant le temps de confinement, ont pu contribuer à la diminution du volume des échanges. Troisièmement, la pandémie a induit des changements dans le comportement des consommateurs, et en particulier sur la base de la croyance que le lait de chamelle pouvait avoir un effet bénéfique sur l’état de santé des personnes touchées par le coronavirus, on a assisté une augmentation de la demande (le support immunologique du chameau étant exceptionnel, certains ont envisagé l’utilisation des immunoglobulines pour combattre la maladie). Quatrièmement, la pandémie a conduit à l’annulation d’événements touristiques ou sportifs (courses de chameaux) qui ont de fait réduit les activités du secteur. Et enfin, les restrictions de voyage au niveau national et international des professionnels, des personnels de service, des scientifiques, a fortement impacté aussi le secteur dans son ensemble. Finalement, les auteurs concluent que s’il n’ya ps d’impact spécifique du Covid-19 sur le secteur camelin comparé aux autres secteurs d’élevage, la spécificité du système immunitaire du chameau et la réputation de son lait ont contribué en fait à l’augmentation de la demande. Une telle tendance a pu compenser les pertes liées à la pandémie.
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Une étude zootechnique très complète sur la durée de gestation et le poids à la naissanceNagy P., Juhasz J.,
2019. La ferme laitière Camelicious à Dubaï bénéficie d’un cheptel important (5000 têtes aujourd’hui, 2019), ce qui ouvre des possibilités d’analyse des performances des animaux sur un large échantillon dans un même environnement. C’est ce qui a poussé les auteurs de l’article à publier leurs observations portant sur des milliers d’animaux dans un contexte où des données fiables sont collectées depuis plusieurs années (10 ans), conditions plus difficilement obtenues ailleurs. Dans cette publication, les auteurs évaluent le rôle des facteurs génétiques, physiologiques et environnementaux sur divers paramètres zootechniques tels que la longueur de la gestation, le poids à la naissance du chamelon et l’heure de parturition des chamelles au cours de la journée. L'effet de divers facteurs a été testé avec des modèles linéaires mixtes et par analyse de la variance. Au total, 557 (13,1 %) parturitions primipares et 3691 (86,9%) multipares ont été observées chez 2123 dromadaires. Les observations montrent que les mises-bas ont eu une distribution saisonnière prononcée. C’est ainsi que 86,3% des naissances surviennent entre décembre et mai avec un pic en janvier. La durée de la gestation a été de 384,5 ± 0,17 jours et le poids moyen à la naissance étaient de 34,5±0,09 kg. Les facteurs fixes tels que la saison, l’année, la race, la parité, le sexe du chamelon ou sa survie influent sur ces paramètres de façon significative. Ainsi, la durée de gestation est expliquée à 27,1% par le mois de conception, à 11,2% par la femelle (effet génétique) et 10,6% par le statut (survie ou non à la naissance) du chamelon. Le poids du chamelon, quant à lui, dépend de la mère (30,3%), de sa parité (11,3%), de l’année de naissance (6,9%) et du mois de parturition (6,2%). L’effet saisonnier est également notable. Ainsi, les chamelles ayant conçu en novembre ont une durée moyenne de gestation de 18 jours plus longue que chez les femelles ayant conçu en mai. Le poids des chamelons à la naissance a été également de 4,4 à 4,9 kg de plus pour ceux nés en décembre, comparé à ceux nés en septembre ou avril. Les mises-bas peuvent avoir lieu tout au long de la journée mais le maximum est observé entre 14 et 15h et 74,1% surviennent entre le lever et le coucher de soleil. La distribution des naissances au cours de la journée est fortement influencée par le mois de l’année. Le temps médian entre le lever du soleil et le démarrage de la mise-bas a été de 8h et 24 minutes. Ces résultats indiquent que les changements saisonniers observés sont indépendants des facteurs nutritionnels, identiques tout au long de l’année, mais sont liés à la photopériode et qu’il existe un rythme circannuel endogène dans le développement du fœtus. L’article conclut sur l’intérêt d'étudier l'effet de l'environnement sur la communication fœto-maternelle, le développement fœtal et le moment de parturition.
Du nouveau sur lait de chamelle et cancer ?Al-Omari M.M,
Al-Ghariebeh R.B., Abu Alhaija A.A., Al-Zoubi H., Al-Qaoud
K.M., 2019. L’effet réel ou supposé du lait de chamelle sur le cancer suscitent en ce moment de nombreuses études qui visent à donner une base scientifique sérieuse à une telle assertion qui n’est pas sans poser des questions d’éthique importante, notamment pour les chercheurs régulièrement sollicités par des malades. C’est ainsi qu’une équipe jordanienne s’est intéressé à l’effet du lactosérum du lait de chamelle sur le cancer colorectal. Pour cela, ils ont utilisé un modèle « souris (BALB/C) » recevant par voie orale de l'azoxymethane (AOM)/Dextran Sodium Sulfate (DSS), un inducteur de colite inflammatoire. Quatre groupes de souris (des mâles âgés de 8 semaines) ont reçu respectivement (i) aucun traitement (témoin), (ii) ce traitement inducteur, (iii), ce traitement + lactosérum de lait de vache, et (iv) ce traitement + lactosérum de lait de chamelle. La colite développée suite à l’administration de l'azoxymethane est associée à des symptômes de diarrhée et au développement d’une tumeur qui suit généralement le traitement à la fin de l’expérimentation. Par ailleurs, l'expression du gène de la cytokine pro-inflammatoire et anti-inflammatoire a été quantifiée par qPCR. Les résultats ont montré un effet significatif du lactosérum de lait de chamelle sur la réduction du développement du cancer colorectal et des symptômes d'inflammation à un stade précoce, ce qui se traduit par un gain de poids accru, une réduction des selles sanglantes et de diarrhée. Une réduction concomitante de l'expression de gène de la cytokine inflammatoire IL-6 a pu être observée de façon évidente chez les souris traitées au lactosérum de chamelle. En outre, l'expression de gène d'IFN-et d'IL-8 a été également sensiblement réduite chez les souris traitées. A l’inverse, l'expression des cytokines anti-inflammatoires IL-10 a été élevée dans les tissus du colon des souris traitées au lactosérum de chamelle. En outre, la présence de iNOS, un marqueur de l’inflammation des muqueuses a été réduit chez ces mêmes souris traitées. Chez le groupe recevant du lactosérum bovin, un effet semblable a pu être observé sur l'expression des gènes IL-8,'IL-6 et iNOS, mais une élévation de IFN-γ est notée dans ce groupe contrairement au groupe recevant le lactosérum de chamelle. Ses résultats indiquent qu’il y a une activité potentielle du lactosérum de chamelle qui agit en réduisant le développement du cancer colorectal chez les souris principalement en réduisant l'induction de colite par des stimulus chimiques. La question de savoir si la substance active responsable de cette activité est unique ou combinée mérite une investigation plus approfondie. Par ailleurs, sans essai clinique chez l’homme, il est difficile de se prononcer de façon définitive.
La graisse de la bosse du chameau pour se protéger des UV !Jassim S.A.A.,
Aldoori A.A., AbdulMounam M.A., Faraj B.R., AbdulHameed
F.F., Limoges R.G., 2018 Les grands camélidés sont réputés pour endurer
des conditions climatiques extrêmes et vivre dans un
environnement où le soleil ne manque pas. Ils sont donc soumis à
une importante radiation solaire c’est-à-dire à un index UV
particulièrement élevé dont ils ne peuvent se protéger par une
crème solaire…. Comment font-ils donc pour résister à un
environnement aussi toxique ? Une équipe irakienne appuyée par
des canadiens a émis l’hypothèse qu’une huile obtenue à partir
de la graisse de bosse, riche en acides gras de type ω3, -6 ou
-9 et en vitamine E pouvait jouer un rôle protecteur et prévenir
des dommages causés par les UVA (rayons les plus abondants, soit
95% des UV).
Même les enzymes signent leur adaptation au désertChafik A., Essamadi
A., Çelik S.Y. Mavic A., 2019. La superoxide dismutase (SOD) est un enzyme qui catalyse le radical O2- en molécule d’oxygène O2 ou en peroxyde d’hydrogène H2O2. En conséquence, cet enzyme est un puissant anti-oxydant pour les cellules, jouant ainsi un rôle protecteur cellulaire d’importance, notamment lors de stress cellulaire prolongé. Cet enzyme est zinc-cuivre dépendante. Or, récemment, une équipe marocaine et turque a pu, pour la première fois, purifier cet CuZnSOD dans le foie de dromadaire. On sait désormais que cet enzyme est une protéine monomére de poids moléculaire 28 kDa, que son activité optimale est observée à 43°C et à pH 6.0 et que son énergie d’activation est de 1,42 kJ/mol. Les ions Aluminium, calcium, cadmium, magnésium et zinc stimulent cette activité alors que les ions baryum, cobalt, fer et nickel l’inhibent. La molécule purifiée contient 0,010 µg de cuivre et 0,69 µg de zinc. Mais par-delà sa structure, ce qui est remarquable, de sont des propriétés biochimiques uniques comparées aux SOD des autres espèces : faible poids moléculaire, structure monomère, haute température optimale d’activité, faible pH optimal, faible teneur en cuivre et zinc, forte affinité, fort turnover et efficacité catalytique pour la vitamine B2. Toutes ces propriétés du CuZnSOD peuvent être interprétées comme des éléments en relation avec la capacité du dromadaire à survivre dans des conditions « stressantes » du désert. La structure et les propriétés de cet enzyme font donc partie de la panoplie des particularités du dromadaire et des caractéristiques de son adaptation.
Un variant inconnu des caséines, découvert dans le lait de dromadaires et de BactrianeRyskaliyeva A.,
Henry C., Miranda G., Faye B., Konuspayeva G., Martin P.,
2018
Si on connait bien maintenant la composition globale du lait de chamelle, l’investigation de sa composition protéique fine en utilisant les nouveaux outils de la protéomique est très récente et d’autant plus utile que la fraction protéique des laits en général et du lait de chamelle en particulier est marquée par une certaine « micro-hétérogénéité ». Dans un article publié en 2018 par une équipe franco-kazakhe, cette fraction protéique du lait de chamelle a été analysée en combinant plusieurs approches protéomiques (électrophorèse SDS-PAGE, spectrométrie de masse LC-MS/MS et LC-ESI-MS, séquençage de l’ADN) sur un jeu d’échantillons de lait de dromadaire (n=20), de lait de chameau de Bactriane (n=20) et de lait d’hybrides (n=24), ces deux espèces et leurs hybrides cohabitant au Kazakhstan parfois dans la même ferme. Au total 391 groupes fonctionnels de protéines ont été identifiées. Parmi ces protéines, 50 ont fait l’objet d’une caractérisation détaillée. Il s’agit de variants génétiques et d’isoformes résultant de modifications post-translation et d'autres événements d'épissage, appartenant à neuf familles de protéines (caséines as1-, as2-, ß- et ?-CN, WAP, a-lactalbumine, PRTGP, CSA/LPO). Lors de ces investigations, deux protéines inconnues, dénommées UP1 (22,939 Da) and UP2 (23,046 Da) ont été rapportées, ainsi qu’une isoforme de ß-CN « courte », de 946 Da, plus léger que le ß-CN classique, et provenant probablement chez les deux variantes génétiques (A et B) de protéolyse par plasmine. Pour la première fois également, ces analyses ont permis de détecter l'apparition d'une isoforme de phosphorylation as2-CN avec des groupes 12p à l'intérieur de deux motifs de reconnaissance, suggérant ainsi l'existence de deux systèmes kinases impliqués dans la phosphorylation des caséines dans la glande mammaire. Ces études ont ainsi pu démontrer que les variants génétiques, qui semblaient jusqu'à présent être spécifiques à une espèce (par exemple ß-CN A pour Bactriane et ß-CN B pour dromadaire), sont en fait présents à la fois chez le dromadaire et chez le Chameau de Bactriane.
Du nouveau du côté des fromages de chamelle ?Konuspayeva G.,
Camier B., Aleilawi N., Al-Shumeimyri M., Al-Hammad K.,
Algruin K., Alshammari F., Beaucher E., Faye B., 2016.
Si l’expérience en matière de fabrication fromagère avec le lait de vache ou de petits ruminants remonte à quelques milliers d’années, le fromage de chamelle est une création récente. Tout au plus une trentaine d’années incluant les essais difficiles du début initiés par J.P. Ramet. On sait en effet, que l’un des principaux obstacles à la fabrication du fromage de chamelle était sa difficulté de coagulation. Depuis la mise récente dur le marché (depuis 2010) de la chymozyme cameline obtenue par génie génétique, cet obstacle est levé, mais il reste désormais aux chercheurs et aux fromagers de faire un « bon fromage » de chamelle en tenant compte du comportement particulier de ce lait. Une avancée certaine a été réalisée en Arabie saoudite dans le cadre du projet FAO sur le développement de l’élevage camelin, projet malheureusement arrêté en 2015. Dans cette publication, les auteurs ont réalisé deux études originales : (i) ils ont d’abord comparé la fabrication d’un fromage blanc à partir de lait de vache et de lait de dromadaire en prenant soin d’ajuster les taux de matière grasse et de protéine afin d’évaluer les compositions respectives du produit final, (ii) ils ont ensuite décrit la technologie pour fabriquer deux types de fromage très populaires au Moyen-Orient, un fromage de type « halloumi » et un autre de type « feta », les technologies étant adaptées au lait de chamelle. De la première expérimentation, on en conclut que le rendement fromager est tout à fait comparable (7.4 ± 0.15 et 7.3 ± 0.55 % pour le lait de chamelle et celui de vache, respectivement) avec une perte similaire en matière sèche dans le lactoserum, mais plus de perte en matière grasse et en protéines dans le lactoserum de chameau. Les temps de coagulation ont été parfaitement comparables. Concernant la seconde étude, le temps de coagulation a été identique pour les deux types de fromage (234 secondes) en utilisant les mêmes ferments (thermophiles). Le rendement fromager pour le type « Feta » a été de 9.31 ± 0.64 kg/100 kg de lait avec 425.6 ± 38.2 g/kg de matière sèche. Pour le fromage de type « Halloumi », les valeurs ont été respectivement de 8.22 ± 0.90 kg/100 kg et 469 ± 73.8 g/kg. L’analyse sensorielle n’a montré aucune différence significative entre les répétitions pour chaque type de fromage, contrairement aux deux types qui se différencient nettement, l’un étant perçu plus salé et plus ferme que l’autre. L’analyse discriminante a permis de les distinguer nettement au goût avec un pourcentage de bien-classés de plus de 85%.
L’horloge biologique du dromadaireAllali KE, Achaâban
MR, Bothorel B, Piro M, Bouâouda H, Allouchi ME, Ouassat M,
Malan A, Pévet P., 2013.
Tous les mammifères, y compris l’homme sont soumis au cycle circadien du jour et de la nuit responsable de la synchronisation de l’horloge biologique. C’est elle qui incite à dormir la nuit et être actif le jour. Mais la température ambiante (Ta) et non seulement la lumière pourrait jouer un rôle dans ce cycle. Or le dromadaire est exposé à des températures extrêmes et une équipe marocaine s’est récemment interrogée sur le rôle de la température ambiante dans la synchronisation du rythme circadien chez cette espèce. Le rythme de la température corporelle (Tc) a été considéré comme une manifestation facilement observable de l’horloge biologique. Après avoir vérifié que la Tc est synchronisée par le cycle jour/nuit, les animaux ont été soumis à des cycles de Ta pendant des périodes continues de lumière, puis de nuit (chaque cycle durant plusieurs jours). Dans les deux cas, le rythme de la Tc dépendant du rythme de la Ta s'impose au sein de chacun des cycles de lumière ou d’obscurité. Dans les cycles de Ta de 12h, le décalage du cycle de Tc en cas de cycle jour/nuit alterné est de quelques heures (environ 1h), de 7-8h en cas de lumière permanente et de 12h en cas de nuit permanente. De tels résultats semblent refléter une synchronisation de l’horloge biologique par la température ambiante ou bien un effet passif de Ta sur Tc. Pour mieux comprendre ce qui se passe, le rythme de la mélatonine, l’hormone de l’horloge biologique (elle augmente naturellement la nuit induisant le besoin de sommeil), a été déterminée. En obscurité permanente, le rythme de la mélatonine s’est montré entraîné par le cycle de Ta, prouvant ainsi que la température ambiante est capable d’entraîner l’horloge biologique au même titre que la photopériode. En revanche, pendant les cycles normaux jour/nuit, le rythme de la mélatonine n’a été modifié par la température ambiante que sur une partie des chamelles en expérimentation (2 sur 7). Autrement dit, le rôle de « minuteur » du cycle de température ambiante, dépend des conditions expérimentales. Mais il y a un effet certain qui nécessite encore d’autres recherches.
Relationships among Physical, Chemical and Industrial Characteristics of Different Dromedary Camel's Hair Types ?Helal, A., 2015.
La laine de dromadaire est relativement peu étudiée malgré son intérêt grandissant pour l’industrie textile (voir notre rubrique « la laine de chameau et dromadaire : une filière oubliée). Une récente publication fait état d’un travail de classification des fibres en fonction de leurs caractéristiques physiques, chimiques et technologiques ainsi que des corrélations entre ces différents paramètres. L’auteur, un égyptien, fait état de 4 catégories : une fibre « témoin » C1 (non classifiée), une fibre C2 (fibre brune épaisse), une fibre C3 (grossière avec des fibres blanches) et une fibre C4 (la plus fine). L’auteur montre ainsi que les fibres les plus fines sont plus riches significativement en Bore, Cadmium, Cobalt et Chrome ainsi qu’en Fer, Manganèse, Nickel et Soufre. La part des minéraux rares est donc importante pour qualifier les fibres les plus fines. Celles-ci contiennent aussi plus d’acides-aminés essentiels. Le diamètre des fibres, la résistance du fil, leur capacité d’élongation et de torsion plus élevés chez les fibres fines C4 sont hautement corrélées avec les acides aminés notamment la cystéine, un acide aminé soufré. Le cuivre qui est impliqué dans la formation de pigments est en revanche plus élevé dans les fibres les plus grossières de couleur brune (C2). La capacité d’élongation est particulièrement élevée dans les fibres fines (34%) comparée aux fibres grossières C3 qui présentent les valeurs les plus faibles (moins de 5%). La capacité de torsion de la fibre fine est également plus de deux fois plus élevées que pour les autres catégories. L’auteur en conclut que l’amélioration de la qualité de la laine de dromadaire passe par une collecte différenciée des fibres, les plus fines ayant de meilleures propriétés textiles. A noter que ce travail a été réalisé dans le cadre du projet PROCAMED, projet européen du programme ENPI-CBC-MED qui regroupe l’Egypte, la Tunisie, l’Italie et la France (CIRAD).
La gestation et la mortalité embryonnaire précoce ont-ils un effet sur la lactation ?Nagy P. , Faigl V.,
Reiczigel J., Juhasz J., 2014.
Dans beaucoup d’espèce, l’allaitement joue en défaveur de la fécondité et on considère parfois, y compris dans l’espèce humaine, l’allaitement comme le meilleur moyen de contraception naturel permettant d’espacer les grossesses. Chez la chamelle, il est généralement admis également que lactation et gestation sont sinon incompatibles, du moins que la présence d’un fœtus diminue significativement la production laitière. Qu’en est-il chez le dromadaire ? La ferme Camelicious à Dubaï, l’une des plus grandes fermes de chamelles laitières au monde, est un lieu idéal pour ce genre d’étude. Une récente étude a pu quantifier l’impact de la gestation et de la mortalité embryonnaire précoce. Pour ce travail, 25 chamelles multipares en production ont été sélectionnées et suivies au cours de deux lactations successives. Deux expérimentations ont été menées. Dans la première, 11 chamelles ont été réparties en 3 groupes : un premier groupe de 4 chamelles non-prégnantes, un second de 3 chamelles pleines et un troisième de 4 chamelles, initialement pleines, mais ayant subi une mortalité embryonnaire précoce spontanée ou induite par une injection de prostaglandines (entre 1 et 2 mois de gestation). Dans la seconde expérimentation, 14 chamelles sont fécondées au milieu de leur lactation et la moitié d’entre elles se sont trouvées gestantes. Dans chacun des groupes, on a identifié le point de rupture dans la baisse de production laitière en milieu de lactation. Dans le premier groupe, les chamelles non-gestantes, la production a diminué doucement sans qu’aucune rupture dans la pente descendante n’ait été remarquée selon la courbe de lactation classique dans cette espèce. Dans le groupe des chamelles gestantes, une brusque rupture de pente est observée à peu près un mois après la fécondation. En cas de mortalité embryonnaire précoce, on observe également une diminution semblable à celle des femelles pleines, puis une augmentation de la production dès que la mortalité est observée pour atteindre les mêmes valeurs que les femelles vides du premier groupe. La gestation conduit ainsi à un raccourcissement de la lactation de plus de 30% et à une diminution de la production laitière sur l’ensemble de la lactation de 30 à 40%. En conclusion de cette intéressante étude, il apparait qu’on peut, certes, diminuer l’intervalle entre les mises-bas en fécondant les animaux en milieu de lactation, mais que cela a une effet négatif considérable sur la production de lait, les chamelles cessant de produire environ 4 mois après avoir été fécondées. En revanche, après une mortalité embryonnaire précoce, le potentiel laitier est restauré en moins de 3 mois. Il y a donc bien contradiction entre l’augmentation de la productivité numérique et celle de la production laitière.
Le chameau participe-t-il à l’émission de gaz à effet de serre ?Dittmann M.T.,
Runge U., Lang R.A., Moser D. , Galeffi C., Kreuzer M.,
Clauss M., 2014.
Plusieurs études incriminent le bétail dans la situation actuelle caractérisée par une augmentation des gaz à effet de serre et en tout premier lieu le méthane, responsable selon certains d’une part importante du changement climatique. De là, à évoquer l’abattage massif du bétail sur la planète pour contribuer à « sauver la planète », il n’y a qu’un pas qu’ont aisément franchi des décideurs politiques australiens face à l’accroissement du cheptel camelin ensauvagé d’Australie (voir rubrique vie scientifique de notre site, communiqué ISOCARD). Haro sur les ruminants qui en effet éructent plus de méthane que les autres espèces. Mais qu’en est-il réellement pour le chameau ? Considérant que sa physiologie digestive est semblable à celle des vrais ruminants, on le taxera volontiers d’être aussi pollueur qu’une vache. Pourtant jusqu’à présent, hormis quelques rapports non officiels, peu d’études ont permis de véritablement quantifier le rôle des dromadaires dans les émissions de méthane. Une équipe suisse a donc très récemment engagé une expérimentation sur 3 espèces de camélidés : le lama, la vigogne et le chameau de Bactriane (16 animaux au total), placés dans des chambres respiratoires afin de mesurer précisément les échanges gazeux. Tous les animaux étaient nourris avec de la luzerne. Rapporté au poids vif de l’animal, les camélidés produisent moins de méthane (0,32 l/kg de poids vif et par jour) comparé aux autres ruminants (0,58 en moyenne). Cependant, si on rapporte cette quantité à la matière ingérée (ce que mange l’animal en termes de fibres digestibles), la différence n’est pas significative (92,7 chez les camélidés contre 86,2 l/kg chez les ruminants). Cela implique que la voie de la méthanogénèse via la population microbienne est comparable dans toutes les espèces. En conséquence, la faible émission de méthane observée chez les camélidés est liée essentiellement à leur plus faible capacité d’ingestion. Mais cela conduit aussi à considérer que les dromadaires ensauvagés d’Australie ne contribuent qu’à hauteur de 1 à 2% de la quantité de méthane produit par l’ensemble des animaux domestiques de ce pays. Globalement, il y a donc une surestimation évidente du rôle des camélidés dans les émissions de méthane à l’échelle de la planète. Post-scriptum : Si on extrapole ces résultats à l’ensemble de la population des herbivores ruminants et pseudo-ruminants, on peut évaluer la contribution des camélidés (petits et grands) à l’émission de méthane à 1% environ contre 72% pour les bovins (voir figure ci-dessous). Or, les camélidés ne représentent que 0,92% de la population animale des ruminants et pseudo-ruminants domestiques alors que les bovins en représentent 38%.
La vitamine A protège-t’elle le dromadaire de la gale ?
Lyaktini M.Y.,
Ghalim N., Yacoubi B., 2013. La gale sarcoptique est une maladie très répandue chez les camélidés. Elle est due à un parasite acarien (Sarcoptes scabiei) qui s’incruste sous la peau, y creusant des galeries et provoquant une réaction cutanée pouvant aboutir à une hyperkératose généralisée. L’animal peut en mourir et le traitement de cette maladie est long, difficile et finalement coûteux. Très contagieuse, la gale du dromadaire peut même parfois se transmettre à l’homme. Par ailleurs, on sait que la vitamine A (rétinol) joue un rôle protecteur des téguments. Dans l’étude de Lyaktini et al., (2013) réalisée au Maroc, 70 dromadaires galeux (40 femelles et 30 mâles) de tout âge (1 à 24 ans) ont été suivis et leur taux de rétinol évalué dans le sérum recueilli après centrifugation du sang collecté à la veine jugulaire. Les résultats ont été comparés à un groupe de dromadaires sains, dépourvus de gale, et au nombre également de 70 dans des proportions de sexe et d’âge comparables. Le rétinol a été dosé par HPLC. Les résultats montrent clairement une différence entre les deux groupes d’animaux, les animaux galeux ayant un taux de rétinol sérique (352,6 ± 108,4 ng/L) nettement plus faible que chez les animaux sains (444,3 ± 59,6 ng/L). Cet écart est encore plus marqué chez les animaux de plus de 8 ans aussi bien chez les femelles (323,2 ± 120,4 contre 464,5 ± 45.9) que chez les mâles (209,7 ± 12,2 contre 440,6 ± 82,5 ng/L), respectivement chez les animaux galeux et les animaux sains. Cela dit, l’expérimentation ne répond pas à la question de l’effet et de la cause : est-ce la gale qui provoque une chute du rétinol sérique ou bien est-ce un faible taux de rétinol qui augmente le risque de gale ???
Quel est le risque d’importer des dromadaires dans un pays qui n’en a pas ?Corin S.E., 2013.
Voilà une question que se posent sans doute tous les services vétérinaires des pays qui n’ont pas de dromadaires chez eux quand ils reçoivent une demande de la part d’un éleveur ou d’un autre citoyen qui veut se lancer dans l’aventure…. D’autant que l’exemple de l’Australie, envahie par plus d’un million de dromadaires qui commencent à peser sur l’environnement, ne rassure pas. Pas plus d’ailleurs que l’introduction de la trypanosomiase cameline en France suite à l’importation de dromadaires des Iles Canaries. Une récente publication fait état d’une évaluation quantitative du risque dans un pays voisin de l’Australie, à savoir la Nouvelle-Zélande. Voici, un pays qui sait ce que signifie l’introduction de nouvelles espèces, d’autant qu’avant l’arrivée des européens, comme en Australie, le nombre de mammifères était modeste et la venue des envahisseurs a grandement perturbé la faune mammalienne locale. Cela dit, la nouvelle Zélande n’étant pas dotée de désert à l’instar de son grand voisin, a priori les risques d’envahissement paraissent limités. Pourtant, suite à une demande d’importation faite en 2008 pour importer 16 chamelles pour le tourisme, des chercheurs se sont posés la question. Les risques évalués ont porté sur la santé publique (zoonose), la possibilité que la population importée devienne sauvage et entre en compétition avec la faune locale, et finalement devienne une « peste ». Chaque catégorie de risque a été soumise à une échelle de valeur (de pas dangereux à très dangereux). Les résultats montrent qu’il y a un faible risque pour la santé publique (bien que les récents doutes sur le rôle du dromadaire dans la transmission du nouveau coronavirus, très pathogène pour l’homme, peuvent moduler ce jugement depuis la parution de l’article). En revanche, le risque d’introduire une population ensauvagée comme en Australie est pris très au sérieux, bien que le risque qu’il devienne une « peste » s’avère modéré. De fait, il est peu probable que le dromadaire se plaise vraiment dans un climat tempéré humide comme celui de la Nouvelle-Zélande….
Les cellules somatiques du lait de chamelleNagy P., Faye B.,
Marko O., Thomas S., Wernery U., Juhasz J., 2013.
Voici enfin un papier de référence sur les cellules somatiques du lait de chamelle et ses facteurs de variation. La plus grande ferme de dromadaires laitiers du monde (3000 animaux dans la ferme « Camelicious » de Dubai) assure en effet un suivi quotidien sur le lait de tank des cellules somatiques, de la flore microbienne totale, des coliformes et du California Mastitis Test (CMT) qui permet de classer les laits selon leur niveau de qualité microbiologique. L’article en question se base sur la compilation de deux années de suivi (2009-2010). Les autres facteurs pris en compte étaient l’année, la saison, le stade moyen de lactation, la production laitière globale par jour, le nombre de chamelles en traite par jour. Deux systèmes de numération cellulaire ont été testés. Les résultats concernant ces deux systèmes ont révélé certes une bonne corrélation entre elles, mais la méthode microscopique s’est montrée plus fiable. La moyenne géométrique pour le comptage des cellules somatiques (CCS) a été au total de 394.000 cellules et la flore microbienne totale (FMT) de 5157 cfu/ml. Le CCS a été supérieur à 500.000 cellules dans 14,6% des jours de suivi et FMT a été supérieur à 10000 cfu/ml dans 4% des jours de suivi. Ces valeurs sont considérées comme attestant d’un lait de qualité insuffisante. On observe également une forte variation saisonnière. Pour CCS, les valeurs sont minimales en été et maximales en automne. Pour FMT, les valeurs minimales sont observées au printemps. On a observé également des évolutions mensuelles d’une année à l’autre avec une période néfaste en 2010 due à une rupture de stock des désinfectants. Du reste, le nombre des coliformes était inférieur à 10 cfu/ml dans 95,6% des cas, les valeurs supérieures correspondant justement à la période où la désinfection de la mamelle à la traite n’avait pas pu se faire avec le produit adéquat. Une corrélation positive a été observée entre CCS et FMT, entre CCS et CMT et entre FMT et coliformes. Tous les paramètres de production et le stade de lactation ont montré une forte variation saisonnière du lait de la reproduction saisonnée dans cette espèce (les mises bas ont lieu en hiver). CCS était négativement corrélé à la production laitière du fait de l’effet dilution, au nombre de chamelles en traite, mais positivement corrélé au stade moyen de lactation (estimé par le jour moyen post-partum). FMT avait une corrélation négative avec la production laitière moyenne par chamelle mais positive avec le nombre de chamelles en traite, la production laitière totale et le stade moyen de lactation. A la fin, les auteurs utilisant un modèle linéaire mixte avec sélection pas-à-pas des variables ont montré que les principales sources de variation étaient dans l’ordre : le stade moyen de lactation, la production laitière, l’interaction stade de lactation * saison et la saison. Les mêmes paramètres agissent pour FMT. Jusqu’à présent, les publications sur le sujet se limitaient à quelques animaux. Voilà qui comble une lacune.
Les protéines du lactoserum de chamelle pourraient-elles protéger les diabétiques des plaies dues à la maladie ?Badr G., 2013.
Les plaies qui ne guérissent pas sont une des complications les plus sérieuses chez les sujets diabétiques. La présence de bactéries dans ces plaies est un des facteurs qui retardent la cicatrisation. Les défensines sont des peptides (association d’acides aminés) aux propriétés antibactériennes qui ont la capacité d’agir contre un large spectre de micro-organismes, notamment ceux responsables des plaies de diabétiques. Or, il semble que le lactosérum de dromadaire augmenterait la réponse immunitaire des cellules lésées et pourraient alléger les complications observées chez les diabétiques. En effet, un chercheur égyptien travaillant en Arabie Saoudite a étudié l’effet des protéines du lactosérum sur l’ARN messager et le niveau d’expression des ß-défensines (BD1, 2 et 3) et en conséquence sur le procès de cicatrisation des plaies. Son modèle a été des souris rendues diabétiques après traitement à la streptozotocine. Trois groupes de 10 souris ont été constitués : un groupe non diabétique (témoin), un groupe diabétique et un groupe diabétique recevant tous les jours un supplément à base de lactosérum de chamelle à la dose de 100mg/kg de poids vif, et ce, pendant un mois. Les souris diabétiques non traitées présentaient des plaies guérissant difficilement avec des indicateurs nets de niveau prolongé d’inflammation (réduction de la teneur en hydroxyproline, indicateur du dépôt de collagène réparateur, élévation du taux des radicaux libres, élévation des indicateurs d’inflammation comme les cytokines incluant l’interleukine6, TGF-ß et TNF-α). Comparé à ces souris diabétiques, celles traitées avec du lactosérum ont guéri plus vite. L’auteur a pu remarquer une décroissance du niveau des radicaux libres, une restauration du niveau de l’hydroxyproline, une diminution des indicateurs d’inflammation et une expression des défensines dans les tissus lésés. L’auteur en conclut un effet bénéfique du lactosérum de chamelle sur les complications liées au diabète.
La lactoferrine cameline contre le cancer du colonHabib M., Ibrahim
W., Schneider-Stock R., Hassan H., 2013.
Encore une publication soulignant l’effet bénéfique des protéines du lait de chamelle…. La lactoferrine est une protéine classique de tous les laits, connue pour ses propriétés antibactériennes (voir l’article du mois de mars 2008 " Le lait de chamelle est-il plus riche en lactoferrine et immunoglobines? ") mais celle de la chamelle est réputée pour sa relative abondance 30 à 40% de plus que dans le lait de vache et surtout son activité antibactérienne plus puissante. Dans un article récent, des chercheurs des Emirats Arabes unis et d’Allemagne ont évalué le potentiel de la lactoferrine cameline à inhiber la prolifération des cellules cancéreuses du colon, une pathologie majeure chez l’homme. Les essais in-vitro ont porté sur des lignées cellulaires HCT-116, et les mesures ont porté sur les dommages concernant l’ADN et les activités anti-oxydantes. Les résultats montrent que la lactoferrine caméline a un effet inhibiteur avéré sur les cellules cancéreuses du colon et sur la protection des cellules saines. Toutefois, il s’agit là de résultats obtenus in vitro. Que se passerait-il chez des patients malades ? C’est une question à laquelle les auteurs de l’article ne répondent pas, bien qu’ils suggèrent l’utilisation de la lactoferrine caméline en combinaison avec d’autres traitements.
L’extraordinaire diversité de la flore des pré-estomacs du dromadaireSamsudin A.A.,
Evans P.N., Wright A.D, Al-Jassim R., 2011.
Le dromadaire a une capacité reconnue dans la valorisation des fourrages qu’il consomme dans le désert et dont la principale caractéristique est la faiblesse relative de leur valeur nutritive. Or, comme tout herbivore ruminant, le dromadaire digère les plantes moins grâce aux sucs gastriques comme chez les monogastriques que par l’intermédiaire de la population microbienne notamment cellulolytique contenue dans ses pré-estomacs. Une récente publication australienne a interrogé la variabilité de cette flore bactérienne pouvant expliquer la remarquable capacité du dromadaire a améliorer le taux de digestibilité des fourrages faiblement digérés par d’autres espèces. Par des analyses génétiques basées sur l’identification de séquence de gène 16S rRNA dans le contenu des pré-estomacs de 12 dromadaires sauvages d’Australie, il a été possible d’identifier 151 « unités taxonomiques opérationnels », autrement dit de souches bactériennes spécifiques, à partir d’un toral de 267 clones examinés. La richesse r de cette biodiversité bactérienne est attestée par un indicateur de biodiversité (index de Shannon) de 4,84, ce qui est remarquable. Au total, 67% des clones sont affiliés à des bactéries du phylum Firmicutes (classes Clostridia, Bacilli et Mollicutes), suivis par des Bacteroidetes (25%) représentés notamment par la famille des Prevotelacea. Les autres phyla sont représentés par des Actinobacteria, Chloroflexi, Cynophyta, Lentisphaerae, Planctomycetes, Proteobacteria et Sphirochaetes. De plus, 11 clones de bactéries mises en culture ont été identifiées comme étant des Brevundimonas sp., Butyrivibrio fibrisolvens, Prevotella sp et Ruminococcus flavefaciens. Outre la grande variété des familles et des genres bactériens identifiés, l’aspect remarquable de la flore des pré-estomacs du dromadaire est que 97% des Unités taxonomiques opérationnels sont lointainement liés à toute séquence connue dans la base de données publique. Cette population bactérienne témoigne encore s’il en était besoin de cette capacité qu’à le dromadaire à survivre et produire dans un milieu aux ressources pauvres.
La brucellose, un vrai problème sanitaire sous-estimé chez les camélidés ?Sprague L.,
Al-Dahouk S., Neubauer H., 2012
Les pays en développement en zones arides d’Afrique et d’Asie connaissent un véritable engouement pour le lait de chamelle dans un contexte de forte urbanisation. Autrefois confinée dans les réseaux personnels des pasteurs, la consommation du lait de chamelle, mais aussi de la viande de chameau pénètre désormais des milieux plus élargis et un marché plus large, ce qui nécessite un effort accru dans le contrôle de la sûreté de ces produits proposés. Dans une étude de synthèse réalisée par une équipe allemande, il est fait mention en particulier de la brucellose cameline. Cette maladie, répertoriée comme une zoonose majeure, est amplement présente dans tous les pays concernés par l’élevage camelin (à l’exception de l’Australie). Cela représente un risque de santé publique, bien sûr mais aussi de contamination dans un contexte de commercialisation peu contrôlée du lait et de la viande de dromadaire et chameau de Bactriane. Toutefois, le diagnostic de la présence sérologique reste problématique et complexe car nombre de tests de laboratoire s’appuie sur des kits mis au point chez les bovins dont l’immunologie diffère de celle des camélidés. Toutefois, de nouvelles techniques de diagnostic devraient faciliter l’évaluation des prévalences réelles sur le terrain. Par ailleurs, du fait de l’absence de contrôle systématique de cette maladie, l’impact économique est probablement largement méconnue ou pour le moins sous-estimée.
Du nouveau sur la « superoxide dismutase » du dromadaireAtaya F. S., Fouad
D., Al-Olayan E., Malik A., 2012. La superoxide dismutase a été rarement dosée chez le dromadaire sauf il y a quelques années dans le cadre d’études sur le métabolisme du zinc qui est l’élément trace qui lui est associé. Superoxide dismutase (SOD)? qu’est-ce ? C’est une enzyme comme il en existe de nombreuses, mais elle a la particularité de représenter la première ligne de défense contre le stress oxydatif induit par des facteurs endogènes ou exogènes, et donc, elle aide particulièrement le maintien de l’intégrité cellulaire. Elle joue donc un rôle important dans la protection contre un tas de maladies, d’où l’intérêt de mieux connaître sa structure et le gène d’expression de la SOD chez un animal naturellement exposé à la lumière du soleil, cause éminente du stress oxydatif. Le dromadaire est bien aux premières loges dans ce genre de stress ! En conséquence, étudier le gène d’expression de la SOD chez cette espèce (on l’appellera cSODl) peut permettre de comprendre l’impact d’une exposition prolongée à la vie dans le désert sur le statut sanitaire des animaux (et des hommes) qui y vivent. Pour ce faire, la région codante de ce gène a été amplifiée par PCR et cloné pour la première fois. Le séquençage a montré un cadre ouvert composé de 459 nucléotides encodant une protéines de 153 acides aminés. Le poids moléculaire de cSODl est de 15,7 kDa et le point isoélectrique de 6,2. Le niveau d’expression de ce gène a été testé dans différents tissus (foie, rein, rate, poumon et testicules). Le plus au niveau de transcription a été observé dans le foie du dromadaire (100%) suivi des testicules (45%), des reins (13%) du poumon (11%) et de la rate (10%). La séquence d’acides aminés identifiées a montré de forte similitude avec le singe capucin (90%), le sanglier (88%), le cobaye (88%), la souris (88%), le macaque (87%), le chimpanzé (87%), l’homme (87%), le chien (86%), la vache (86%), l’Ourang-Outan (85%) et le cheval (82%). L’analyse phylogénétique révèle que cSODl se situe dans le même groupe que le sanglier. La structure prédictive 3D de cSODl montre également une forte similarité avec son homologue humain et bovin. Le score Q (qui indique le degré de similitude spatiale) entre gène camelin et gène humain est de 0,948. Il est de 0.961 avec le gène bovin.
Modéliser la transmission d’une maladie émergente du dromadaire
Megersa B., Biffa
D., Abunna F., Regassa A., Bohlin J., Skjerve E., 2012. Il est dit à plusieurs reprises dans ce site que le dromadaire est affecté par des maladies émergentes d’étiologie peu évidentes et qui affectent un grand nombre d’animaux. De telles maladies hautement sévères (forte morbidité et mortalité) et contagieuses ont été baptisées « syndrome mort subite du dromadaire », façon d’afficher l’ignorance de la cause. Ces maladies ont pris parfois une allure épidémique affectant des milliers d’animaux en particulier dans les pays de la Corne de l’Afrique. Pour mieux comprendre les profils épidémiologiques de ces maladies (il n’est pas sûr que la cause soit unique, ce pourquoi on parle de ces maladies au pluriel), des chercheurs éthiopiens ont établi un modèle déterministe classique (le modèle SEIR-D c’est-à-dire visant à déterminer le passage des animaux d’un statut Susceptible à Exposé à la maladie, puis Infecté ou Guéri (Recovered an anglais) et enfin à la Mort (Dead en anglais) d’où la terminologie « modèle SEIR-D ») pour prédire les probabilités d’incidence suivant l’exposition de dromadaires susceptibles à cette ou ces maladies. Les résultats de leur modèle qui s’appuie bien sûr sur des données épidémiologiques de terrain, indiquent que la morbidité peut atteindre 45,7%, la mortalité 17,6% et le taux de cas fatals 38,7%. Les femelles gestantes présentent les taux de mortalité les plus élevés, suivis par les mâles reproducteurs, puis les femelles en lactation, ce qui globalement implique de sérieuses conséquences économiques. Il semble également que ce « syndrome mort subite » soit lié aux routes commerciales et aux mouvements des animaux. Le taux de reproduction de la maladie apparait également très élevé puisque un dromadaire atteint peut affecter en moyenne 16 autres dromadaires pendant la période infectieuse. La courbe épidémique suggère que le moment critique de l’épizootie se situe entre 30 et 40 jours. C’est le moment où le nombre d’animaux atteints est le plus élevé. L’animal infecté devient contagieux dans un laps de temps d’environ 3 à 5 jours. Toujours d’après le modèle qui a valeur de prédiction de la population animale infectée, 66,8% guériront, mais 33,2 % périront à la fin de la période épidémique ce qui est considérable. Aussi les auteurs insistent pour établir vraiment la cause de ce syndrome vu son impact dévastateur dans les troupeaux atteints.
Le chameau ensauvagé d’Australie est-il gérable ?Spencer P.,
Giustiniano D., Hampton J., Gee P., Burrows N., Rose K.,
Martin G., Woolnough A., 2012. On sait que le dromadaire représente une espèce invasive en Australie. En général, quand on parle d’espèce invasive, il s’agit d’animaux de petite taille comme des petits rongeurs ou des insectes caractérisés par une prolificité difficile à gérer. Alors quand on parle d’une espèce de la taille d’un dromadaire avec une aussi faible fécondité, on peut s’interroger sur la notion d’invasion. Et pourtant, bien adapté aux zones désertiques d’Australie et occupant une zone peu habitée de plus de 3 millions de km², le dromadaire ensauvagé d’Australie est considéré comme tel. Le cas est unique au monde. Avec une croissance démographique de l’ordre de 80,000 têtes chaque année, la population actuelle est estimée à 1 million de têtes. Utilisant les outils de la génétique moléculaire (marqueurs microsatellite) sur un échantillon de 209 animaux, la présence de populations panmictiques simples a pu être identifiée. Ainsi, il a pu être montré que le voisinage pour le dromadaire sauvage ne dépasse pas un rayon de 200 km, valeur correspondant aux observations empiriques des pasteurs. Pour une espèce invasive, cela représente une entité populationnelle géographique particulièrement large. Cela est évidemment en relation avec le caractère « nomade » de l’espèce vivant dans un milieu imprédictible, dépourvu d’obstacles aux mouvements et de prédateurs. On en conclura que même si c’est ni techniquement faisable, il ne serait pas viable économiquement et politiquement de prévoir une éradication totale de la population sauvage de dromadaires du fait de la taille importante et des dynamiques de la population caméline sauvage. Les auteurs de l’étude évoquée ici militent en conséquence pour arrêter le programme d’éradication prévu par les autorités australiennes et l’orienter vers un projet plus réduit centré sur la protection de zones de refuge biologique, et d’inclure les dimensions culturelles, économiques pour protéger la biodiversité d’une population invasive peu orthodoxe.
Les chameaux de l’Empire romainPigière F.,
Henrotay D., 2012. La capacité qu’ont les archéologues à retracer des pans entiers de l’histoire de l’humanité, voire de la terre à partir de quelques fragments d’os est toujours surprenant. Pourtant, ils permettent parfois d’intéressantes réponses aux questions sur le passé. Ainsi du passé des dromadaires et chameaux !! Dans un article récent, deux archéologues belges se sont intéressés à des os de camélidés découverts dans un contexte «romain» à Arlon (Belgique), un lieu pourtant éloigné de l’aire de distribution actuelle des dromadaires et des chameaux. Mais que venaient faire ces animaux du désert aux confins septentrionaux de l’Empire romain ? Les analyses morphologiques et métriques ont permis d’identifier qu’il s’agissait de chameau à une bosse (dromadaire donc) et non de chameau de Bactriane. Ils venaient donc du Sud et non de l’Est. Du coup, les auteurs de cet article se sont intéressés à l’inventaire de toutes les publications afférentes à la présence d’os de camélidés dans les provinces nord de l’Empire. Sur la base de fouilles réalisées dans 22 sites archéologiques où des ossements de camélidés ont été récoltés, il s’avère en réalité que les légionnaires romains s’accommodaient aussi bien de dromadaires que de chameaux de Bactriane et ce, pendant une très longue période historique, précisément du 1er siècle après JC (site de Vindonissa) jusqu’au 8-9éme siècle à Lyon. Les romains importèrent donc les deux espèces pendant plusieurs siècles. Mais le plus surprenant, c’est que cette arrivée de grands camélidés dans l’Empire romain n’était pas uniquement associée exclusivement au contexte militaire comme on le croit généralement. En effet, des restes osseux sont trouvés dans des sites civils, des villas romaines, voire des cités. Mais dans les cas, les sites ayant fournis ces restes osseux, sont toujours situés à proximité des grands axes routiers du réseau romain. D’où l’hypothèse selon laquelle, dromadaires et chameaux ont été importés pour assurer le transport des biens le long des grands axes aussi bien pour les militaires que pour les civils. A une époque où les camions n’étaient pas encore inventés, les grands camélidés paraissaient d’utiles auxiliaires du transport des marchandises. Et qui plus est, moins polluants. Un sujet à méditer à Bruxelles ?
Camel's milk alleviates alcohol-induced liver injury in rats.Darwish HA, Abd
Raboh NR, Mahdy A., 2012.
Le lait de chamelle n’en finit plus de livrer des secrets. Chaque mois ou presque, des publications relèvent une nouvelle vertu. Mais celle-là pourrait intéresser les amateurs de bonne bouteille... En effet, il est connu que l’abus d’alcool est responsable de désordres hépatiques pouvant aller jusqu’à la cirrhose. On sait que, en cas de troubles hépatiques pour raison d’abus d’alcool, le stress oxydatif, l’augmentation de l’expression des cytokines pro-inflammatoires et l’apostose sont incriminés. Or, dans une étude réalisée par Darwish et collaborateurs aux Emirats Arabes Unis, on a utilisé des rats rendus alcooliques pour tester l’effet hépato protecteur du lait de chamelle !! Les rats étaient groupés en 4 groupes : (i) un lot recevant une solution saline et jouant le rôle de groupe témoin ; (ii) un lot recevant chaque jour une dose comprenant 56% d’ethanol pendant 4 semaines et ne recevant pas de lait de chamelle, (iii) recevant la même dose et recevant en plus du lait de chamelle à titre préventif et (iv) similaire au précédent mais recevant le lait de chamelle à titre curatif. Toutes enzymes témoignant de la souffrance hépatique (ALAT, ASAT, phosphatase alcaline), ainsi que les triglycérides et le cholestérol ont été dosés dans le sang. Dans le foie, ont été dosés la Malondialdehyde, la capacité antioxydante totale et le facteur-alpha de la tumeur nécrosante. Complété par une analyse histopathologique du tissu hépatique, rien ne pouvait échapper à la compréhension des phénomènes. Les résultats ayant montré une nette amélioration de tous les paramètres suite à l’apport de lait de chamelle dans la ration, les auteurs concluent avec certitude que le lait de chamelle permet d’atténuer significativement les désordres hépatiques liés à la prise d’alcool et de protéger le tissu hépatique des dégâts induits par la toxicité alcoolique !! De là en conclure que les pochards et les ivrognes devraient se mettre au lait de chamelle, il n’y a qu’un pas. Mais l’histoire ne dit pas si le lait de chamelle est à consommer avec modération.
L’effet du lait de chamelle sur les fonctions hépatiques et rénales du rat diabétique.Hamad E.M.,
AbdelRahim E.A., Romeih E.A., 2011. L’effet antidiabétique du lait de chamelle est désormais régulièrement l’objet de publications scientifiques sérieuses attestant cette propriété reconnue déjà empiriquement par de nombreux observateurs. Le récent article d’Hamad et al, ne fait qu’apporter de l’eau au moulin à cette assertion confortant les propriétés bénéfiques du lait de chamelle. Dans cette étude comparant lait de vache, lait de buffle et lait de chamelle, les auteurs ont travaillé sur des rats (une trentaine) divisés en 5 groupes : un groupe restait témoin, alors que les 4 autres étaient rendus diabétiques par l’injection de streptozotocin. Un des groupes diabétiques était également un témoin « diabétique » alors que les 3 autres ont reçu respectivement du lait de vache, du lait de buffle et du lait de chamelle pendant 6 semaines. Premier constat semble t’il d’après ces auteurs, la quantité d’insuline dans le lait de chamelle serait 3 fois plus importante (58,7 UI/l) que dans le les laits de buffle (17,0 UI/l) et de vache (16,2 UI/l). Le lait de chamelle avait un effet hypoglycémiant nettement plus fort (de 49,2% par rapport au témoin diabétique) que les autres (11,1% pour le buffle et 11,6% pour la vache). Au niveau du foie, les auteurs ont constaté une meilleure activité enzymatique avec le lait de chamelle (meilleure activité des transaminases ALAT et ASAT), et au niveau des fonctions rénales, une diminution significative de l’acide uréique, de l’urée et de la créatinine dans le sang, plus importante avec le lait de chamelle qu’avec le lait des autres espèces. Les auteurs en concluent un effet marqué du lait de chamelle sur les fonctions hépatiques et rénales des rats diabétiques. Encore un argument pour défendre « l’or blanc du désert » !
Les parasites des dromadaires de Tanzanie.Swai, E. S., Moshy,
W., Mshanga, D., Lutatina, J., Bwanga, S., 2011. L’intérêt de cet article est moins ce qu’il dit
sur la prévalence de certaines maladies parasitaires du
dromadaire sur lesquelles il n’apporte pas grand-chose de
nouveau, mais plutôt sur ce qu’il souligne de la présence de
notre animal favori dans des régions d’Afrique où il était peu
présent jusqu’à nouvel ordre. A ce titre, cet article témoigne
de la lente mais irrémédiable progression du dromadaire en
Afrique.
L’importance des mammites cliniques chez la chamelle laitière. Le cas de l’EthiopieMengistu, F.,Molla,
B.,Ali, A., 2010. Avec le développement de la production laitière, la chamelle s’avère probablement plus sensible aux infections mammaires dénommées mammites. Les études sur les mammites de la chamelle tendent donc à devenir plus nombreuses d’autant que l’on subodore une défense différente en comparaison à ce qui est observé chez la vache. Dans un article publié dans le « Bulletin de santé et de production Animale en Afrique », une équipe éthiopienne a réalisé une étude sur l’importance de ces mammites dans la région Afar, dans le district plus précisément de Gewani, en s’attachant d’une part à évaluer la prévalence des mammites, mais aussi les agents bactériens en cause et le lien avec les taux butyreux et protéiques du lait. Au total, 404 quartiers de mamelles ont été testés appartenant à 101 chamelles en lactation élevées en milieu traditionnel. Parmi les mamelles examinées, 30,7% étaient infestées par des tiques et 45,2% avaient des mammites, ce qui est considérable. Il apparait une relation très étroite entre présence de tiques et mammites, celles-ci étant plus fréquentes en début et en milieu de lactation. Parmi les quartiers examinés, 48,5% présentaient une réaction positive au CMT qui permet de détecter les mammites subcliniques, et 83,7% des échantillons de lait contenaient des bactéries pathogènes. Le test CMT apparait très corrélé à la présence des bactéries, ce qui confirme son intérêt pour cette espèce à l’instar de ce qui se fait désormais en routine chez la vache. Les principales bactéries pathogènes sont Staphylococcus aureus, Coagulase-negative staphylococci, Streptococcus agalactiae, Streptococcus dysgalactiae et Bruce Springsteen. Les auteurs observent également une différence dans les taux butyreux et protéiques du lait en fonction de la contamination : dans les quartiers à CMT négatif, le taux de matières grasses était de 3,83%, le taux protéique de 2,85%. Ces valeurs étaient significativement plus faibles pour la matière grasse dans les échantillons CMT positif :(1,97 %) mais de même grandeur pour les protéines (2,91 %). Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance des mammites chez la chamelle, même en milieu traditionnel.
L’embryon du dromadaire a-t-il deux bosses ?Kinne J., Wani
N.A., Wernery U., Peters J., Knospe C., 2010. L’idée selon laquelle, le dromadaire serait un chameau de Bactriane ayant perdu une bosse au cours de sa lente migration vers l’Ouest s’appuyait notamment sur un argument embryologique selon lequel, l’embryon du dromadaire aurait deux bosses, l’une d’entre elle disparaissant au cours du développement fœtale, reproduisant en cela à l’échelle de l’histoire de l’embryon, celle de la phylogénétique du genre Camelus. Il est admis en effet, que le dromadaire à une bosse et le Bactriane à deux-bosses étaient issus d’un ancêtre commun qui avait deux bosses. Lors de son développement embryologique, le dromadaire en devenir ne faisait donc que reproduire le cheminement de ses ancêtres. Or, cette belle théorie vient d’être remise en cause par une récente publication. La théorie des deux bosses chez l’embryon du dromadaire faisait suite à l’observation de Lombardini en 1879 dans les Annales de l’Université de Toscane (n°259, p. 147-187) qui décrivait une seconde bosse réduite chez l’embryon mais régressant après le premier tiers de gestation et subsistant à l’état de structure rudimentaire chez le dromadaire adulte. Pour résoudre cette question persistante, une équipe d’anatomistes à Dubaï a disséqué 72 fétus et 16 chamelons âgés de quelques semaines. D’après leurs observations, contrairement au chameau de Bactriane, il n’a jamais été observé de seconde bosse, même rudimentaire chez le dromadaire. Comme quoi la bosse porte bien des légendes depuis la croyance selon laquelle elle serait un organe de stockage de l’eau !!
Quelle est l’origine du dromadaire des Iles Canaries ?Schultz U.,
Tupac-Yupanqui I., Martinez A., Mendez S., Delgado J.V.,
Gomez M., Dunner S., Canon J., 2010. Le dromadaire a envahi l’Afrique au début de l’ère chrétienne et a atteint la partie la plus occidentale assez tardivement dans l’histoire pour aller jusqu’aux Iles canaries au XVème siècle, dernière implantation durable sur le continent (voir notre rubrique « les dromadaires des îles Canaries : les seuls camélidés d'Europe » dans la rubrique « les petits curieux »). Dans ces îles désertiques au large du Sahara, le dromadaire est l’espèce dominante, autrefois largement utilisée pour les travaux agricoles et aujourd’hui dans le secteur touristique. La population caméline de l’Ile appartient majoritairement à la race décrite sous le nom de Majorero (voir notre rubrique sur les races de dromadaires dans le monde). Mais si on sait que l’apport génétique initial vient de la côte marocaine tout proche, la diminution des échanges avec le continent pour une population somme toute de faible importance (moins de 2000 individus) a conduit à une érosion de la diversité génétique. La question s’est aussi posée de la proximité de la race Majorero avec celles du continent, une certaine divergence ayant pu s’établir depuis le XVème siècle. Grâce au travail opiniâtre d’une femme (Dr Ursula Schultz) dont on a apprécié l’ouvrage sur le dromadaire de Lanzarotte (voir notre rubrique « publications »), une analyse génétique comparative utilisant 13 microsatellites a montré une proximité génétique indéniable avec la population cameline nord-africaine, notamment celle en provenance de Tindouf (Algérie), mais avec une forte variabilité entre les éleveurs de l’île témoignant d’une faible distribution des reproducteurs. Comparant diverses populations, l’arbre des distances génétiques a donné le schéma suivant (figure 1) :
Dans son ensemble, cette seule population caméline européenne (sur le plan politique du moins) est menacée de consanguinité par la quasi-impossibilité d’importer de nouveaux reproducteurs depuis le continent. Une politique de préservation s’impose donc si on veut conserver ce reliquat de population unique en son genre.
Qu’est ce qu’un élevage de dromadaires dégage comme gaz ammoniac ?Smits M.G., Montety
G.J., 2009 L’ammoniac dégagé par les animaux et le fumier ou les litières dans les étables est considéré comme un polluant en contribuant à l’enrichissement des sols en nitrates. Ce n’est pas un gaz à effet de serre (au moins directement), mais la quantité émise par les établissements d’élevage est soumise à réglementation au moins dans l’espace européen. Or on ne sait pas grand-chose sur les émissions d’ammoniac pour le dromadaire à l’étable !! Une publication récente, relative à un élevage de chamelle laitière en Hollande (si, si !), donc dans des conditions de bâtiment proches de celles des vaches a permis de préciser l’impact du dromadaire dans l’émission d’ammoniac sous conditions intensives. L’analyse a porté sur une estimation en ferme, mais aussi sur les données de la littérature permettant de comparer le dromadaire à la vache et au cheval. En moyenne, l’émission d’ammoniac dans une étable de chamelles adultes est estimée à 5-6 kg d’ammoniac/tête/année, correspondant à environ 50% de ce qu’émet une vache laitière. Mais si on intègre dans le calcul, la gestion des fumiers (évacuation des urines et des fèces systématiquement comme cela est pratiqué en Hollande), les émissions d’ammoniac ne sont plus que de 1,5 à 2,0 kg/animal/an soit 10 à 20% seulement de ce que dégage une vache. Les auteurs de l’article en concluent donc que le dromadaire est non seulement un atout pour la santé des humains grâce à son lait, mais aussi un ami de l’environnement. CQFD.
Le dromadaire est
un drôle de clone
Ca y est. On avait déjà cloné des vaches, des brebis, des souris, des lapins, des cochons… Il ne manquait plus que des chameaux. C’est fait. Dans un article publié très récemment, une équipe de Dubaï aux Emirats Arabes Unis, fait état du premier clone de dromadaire, en utilisant un noyau de cellule somatique (provenant d’un fibroblaste de la peau d’un adulte notamment) transféré dans le cytoplasme d’un oocyte obtenu d’un follicule pré-ovulatoire chez une femelle super stimulée. L’embryon ainsi obtenu a été mis en culture pendant 7 jours jusqu’au stade de blastocyste avant d’être implanté chez une femelle adulte synchronisée au 6éme jour d’ovulation. La gestation (13 mois chez la chamelle) s’est bien passée et a donné naissance à un chamelon en bonne santé dénommé Injaz, une femelle. L’analyse génotypique utilisant 25 marqueurs microsatellites a bien confirmé que le chamelon cloné était dérivé du donneur de la cellule souche et du tissu ovarien. C’est évidemment une première et un succès technique. Les auteurs de cette manipulation pensent que c’est la porte ouverte pour une amélioration et une préservation des animaux intéressants sur le plan de leur génotype (forte production laitière, champion de course, mâle améliorateur). Mais il y a aussi des résultats biologiques intéressant montrant que les fibroblastes fœtaux et adultes peuvent être cultivés, congelés sans perdre leur capacité de supporter le développement de l’embryon par transfert nucléaire, une méthodologie qui peut être généralisée dans le clonage animal. Reste à suivre ce que deviendra ce clone unique parmi les 25 millions de dromadaires dans le monde.
Le chameau de
Bactriane et le chameau sauvage de Tartarie sont-ils deux
espèces différentes ?
Il existe dans le désert de Tartarie, entre la Chine et la Mongolie, une zone éloignée de tout, une population résiduelle de chameau à deux-bosses apparenté au chameau de Bactriane dont une étude datant de l’année 2000 en génétique moléculaire avait conclu à l’existence d’une nouvelle espèce de grand camélidé, dénommée pour l’occasion Camelus ferus. Une publication plus récente fait le point sur cette affaire, notamment pour préciser le lien au cours de l’évolution entre ces deux chameaux qui se ressemblent tout de même beaucoup. Certes les bosses du chameau de Tartarie sont plus « pyramidales », ses membres plus fins et plus courts, son abdomen plus mince, mais ces différences sont finalement assez subtiles. En déterminant la séquence du gène mitochondrial cytb de 21 échantillons de chameaux (18 Bactriens domestiques appartenant à différentes sous-espèces chinoises et mongoles, 3 chameaux sauvages de Tartarie), les auteurs de l’étude (une équipe sino-mongole) ont montré que l’espèce sauvage ne partageait pas le même ancêtre que le chameau domestique. L’analyse complète du génome mitochondrial (qui détermine la filiation maternelle) a montré que la sous-spéciation entre les deux lignées avait eu lieu il y a 700 000 ans, soit largement avant la domestication estimée à 5 000 ans B.P. En conséquence, le chameau de Tartarie est bien une lignée séparée et n’est pas un représentant en ligne directe de l’ancêtre du chameau de Bactriane domestique. Les analyses complémentaires ont également montré que les « sous-espèces » domestiques descendaient d’une lignée sauvage unique, différente donc de l’espèce sauvage actuelle. Toutefois, la divergence génétique entre le chameau de Bactriane et le chameau de Tartarie n’est que de 2,4%, soit moins que la divergence moyenne entre deux espèces (3,8%). Il est donc suggéré de les considérer comme de réelles sous-espèces. Dès lors ils sont baptisés Camelus bactrianus pour le domestique et Camelus bactrianus ferus pour le sauvage. Les auteurs insistent donc pour préserver cette population cette population sauvage très menacée (il resterait que quelques centaines d’individus) qui représente les derniers éléments de la population sauvage parmi les grands camélidés.
Transfert d'embryon
interspécifiques chez les camélidés : la naissance du
premier chamelon de Bactriane
On savait le chameau de Bactriane (à deux bosses), suffisamment proche du dromadaire (à une bosse) pour permettre des hybridations donnant des animaux fertiles (voire notre rubrique sur les hybrides d’Asie Centrale). Un pas supplémentaire vient d’être réalisé pour donner corps à cette proximité phylogénétique. Pour la première fois en effet, un transfert d’embryon interspécifique a pu être réalisé en Iran par le Dr Niasari-Naslaji et son équipe (Faculté vétérinaire, Université de Téhéran). La problématique est simple : la population de chameau de Bactriane en Iran devient très anecdotique et l’une des voies de préservation de l’espèce est sa multiplication in-situ. Malheureusement, le nombre de « matrices » est insuffisant pour renouveler une population dont la gestation est longue et la maturité sexuelle tardive. D’où l’idée de faire appel aux utérus de dromadaire, bien plus nombreux sur la terre d’Iran! Un essai fructueux a permis de donner le jour à « Behnia », un petit chameau de Bactriane, porté par une femelle dromadaire, tout ce qui a de monobosse (cf. photo reproduite avec l’aimable autorisation du Dr Niasari-Naslaji). Gageons qu’il s’agit là d’une réussite technique permettant à l’avenir de faciliter la préservation des grands camélidés à deux bosses qui sont menacés de disparition dans certains pays où leur présence demeure très marginale et confinée dans les zones de montagne peu accessibles (Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde).
D’où vient le lait
trait d’une chamelle ?
La question peut paraître incongrue, mais chez la
plupart des animaux que les hommes ont soumis à la traite, le
lait est soit d’origine alvéolaire, soit d’origine cisternale,
soit une combinaison des deux. Le lait cisternal est disponible
par simple pression du pis, alors que le lait alvéolaire
nécessite le déclenchement d’un réflexe d’éjection, généralement
provoqué par la présence du petit. Les animaux du premier
groupe, comme la jument, n’ont pas de « fontaine » à lait, ce
qui nécessite notamment une traite à période régulière
(typiquement toutes les deux heures chez la jument). La présence
du poulain est généralement indispensable pour déclencher le
reflexe d’excrétion du lait, mais chez les animaux bien dressés,
le bruit des machines à traire peuvent assurer le déclenchement
de ce réflexe. Les animaux du second groupe, comme la chèvre,
ont une physiologie de la lactation quelque peu différente, la
stimulation était ettement plus aisée et pouvant se réaliser
sans la présence du petit. La vache se place dans une situation
intermédiaire et seules les races rustiques ont encore besoin de
la présence du veau pour lâcher la partie alvéolaire de leur
lait. Qu’en est-il e la chamelle ?
La thiamine
(vitamine B1) chez le dromadaire La vitamine B1 joue, comme toutes les vitamines, un rôle essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, même si la quantité nécessaire est très faible. Chez les ruminants, une carence en thiamine peut être à l’origine d’une maladie redoutable, la polioencephalomalacie (PEM) qui se traduit par des troubles nerveux graves parfois mortels. Cette maladie a parfois été observée chez le dromadaire de course aux Emirats Arabes Unis. Mais globalement on connaissait mal le statut des animaux et surtout les facteurs de variation comme l’âge ou le stade physiologique. C’est chose faite avec un article paru en 2008 et portant sur le statut sanguin en thiamine chez le dromadaire. L’étude porte sur un très grand échantillon de 1315 dromadaires de stade physiologique et d’âge fort variables, répartis en 5 groupes : des chamelons à différents âges, des femelles à différents stade physiologique, des dromadaires de course de différents âges, des dromadaires de course atteint de PEM et des chamelles parturientes présentant un faible taux de thiamine dans le sang à la mise bas. La thiamine, déterminée sous HPLC avec un détecteur de fluorescence se présente en grande quantité chez le chamelon nouveau-né (97,8 µg/l) dans le sang. Mais cette teneur décroît rapidement après la mise bas pour atteindre une valeur minimale au sevrage. Le stress de la gestation et de la lactation contribue aussi à faire diminuer le taux de thiamine dans le sang des femelles en reproductrices. Mais le stress de la course aussi semble jouer un rôle non négligeable et c’est d’ailleurs parmi les « coureurs » les plus jeunes (2 à 4 ans) que les valeurs sont les plus faibles (52,7 µg/l) et que des cas de PEM ont été détectés. L’alimentation et notamment les rations riches en sulfates joue aussi un rôle dans la diminution des teneurs sanguines en vitamine B1. Les animaux atteints de PEM sont facilement traités avec une simple injection IV de thiamine, à raison de 8mg/kg de PV et par jour pendant 3 jours.
Comment améliorer
la survie des spermatozoïdes pour l’insémination
artificielle chez le dromadaire? L’insémination artificielle est une voie
intéressante pour accélérer l’amélioration génétique, notamment
dans le secteur laitier comme cela l’a été fait dans l’espèce
bovine. Pourtant, si la technique est maîtrisée, elle présente
des contraintes fortes dans l’espèce caméline, pour deux raisons
: la durée de l’accouplement qui ne permet pas l’utilisation de
leurre et la survie faible des spermatozoïdes après congélation
qui oblige à l’utilisation de semence fraîche comme on l’a vu
dans un article précédent (Deen et al., 2004). Aussi, les
travaux de recherche qui visent à améliorer ces aspects sont
essentiels pour le développement de cette technique.
Le lait de chamelle
n’est pas pauvre en cholestérol
Il traîne ça et là des publications soulignant
l’intérêt du lait de chamelle parce qu’il est pauvre en
cholestérol et en matières grasses comparé au lait de vache. Une
récente publication remet certaines choses en place, même s’il
est nécessaire d’avoir d’autres résultats pour étayer ceux-ci.
Il s’agit d’un article publié dans Dairy Sciences and
technology consacré à la composition du lait de chamelle
en acides gras et en cholestérol. Les analyses ont été réalisées
sur 22 échantillons de lait au Kazakhstan.
Le lait de chamelle
est-il plus riche en lactoferrine et immunoglobines? La lactoferrine (Lf) est une protéine présente dans tous les laits à des teneurs variables. Selon différentes publications, il était admis que le lait de chamelle en contenait une grande quantité, 10 fois plus que dans le lait de vache. Or, la lactoferrine a des propriétés thérapeutiques intéressantes (antibactérienne, antivirale et même anticancéreuse). Les immunoglobines (IgG) jouent également un rôle non négligeable dans la protection notamment du jeune contre les maladies. Le lait de chamelle a également la réputation d’être très riche en immunoglobines dont la structure très particulière intéresse la médecine humaine. Une récente publication fait le point sur la variabilité des teneurs de la Lf et des IgG dans le lait de chamelle. Dans cette étude, Lf et IgGs ont été quantifiés dans des laits provenant de 37 chameaux de Bactriane, 42 dromadaires et 6 hybrides du Kazakhstan. La particularité de ce pays est que les deux espèces de grands camélidés et leurs hybrides cohabitent parfois dans les mêmes fermes. Ces deux paramètres ont été estimés en fonction des variabilités saisonnières (4 saisons) et régionales (4 régions) en plus de la variabilité spécifique. Dans le lait cru, la concentration moyenne de Lf a été de 0.229 ±0.135 mg/mL et celle des IgGs de 0.718 ±0.330 mg/mL. Il existe des variations saisonnières (qui reflètent surtout les variations de la qualité des fourrages et le stade physiologique, toutes les chamelles ayant mises bas le même mois ou presque) avec des valeurs printanières plus élevées pour la Lf et des valeurs hivernales plus hautes pour les IgGS. Après la mise bas, la teneur quotidienne de Lf varie de 1.422 mg/mL à 0.586 mg/mL, celle des IgGs de 132mg/mL à 4.75 mg/mL, marquant ainsi une forte décroissance comme on l’observe dans les autres espèces. On observe également une corrélation faiblement significative (P >0.05) entre la Lf et les IgGs. Ces valeurs sont sensiblement plus élevées que dans le lait de vache, mais pas dans des proportions telles qu’elles peuvent justifier les vertus médicinales qu’on attribue au lait de chamelle, mais il reste à étudier l’activité antibactérienne de ces lactoprotéines.
Le lait de chamelle
a-t-il des propriétés antituberculeuses ? Depuis longtemps, le lait de chamelle est utilisé
dans les Sanatorium d’Asie Centrale en cure de plusieurs litres
par jour comme adjuvant de la lutte contre la tuberculose.
Cependant, les études sont souvent empiriques et les protocoles
scientifiques souvent peu rigoureux. Une récente équipe indienne
a tenté des essais sur des patients atteints de tuberculose.
Les signes cliniques, bactériologiques, radiologiques et hémato-biochimiques, le taux d’immunoglobulines, le test de Mantoux (test tuberculinique) et le poids corporel ont été relevés avant et à la fin de l’expérimentation. Les résultats sont assez spectaculaires. En effet, à la fin de l’essai, aucune toux ni expectoration, difficulté respiratoire ou douleur poitrinaire n’est observée dans le groupe T1 traité au lait de chamelle. De plus, le statut bactériologique (présence de Mycobactéries) s’est avéré négatif dans le groupe T1 alors qu’il reste positif dans le groupe T0. Le test de Mantoux est négatif dans le groupe T1 à la fin de l’expérimentation. A la radioscopie, on observe une réduction des lésions, plus prononcée dans le groupe T1. Les observations hématologiques révèlent de façon significative (p < 0.01), une augmentation de l’hémoglobine, une réduction du temps de sédimentation des érythrocytes et du taux de leucocytes chez les patients recevant du lait de chamelle. Une augmentation de l’appétit et du poids corporel est observée chez les buveurs de lait de chamelle. L’activité de la LDH (lactate déshydrogénase) et de la CPK (créatine phosphokinase) a diminué également dans le groupe T1. On a observé aussi une augmentation significative du zinc et du fer plasmatique dans le groupe T1. Enfin, les immunoglobulines A et G passent de 3 4,98 et 41,55 mg/ml dans le groupe T0 à 45,18 et 65,25 respectivement dans le groupe T1. Ces résultats suggèrent aux auteurs qu’il y a un effet bénéfique de la supplémentation en lait de chamelle chez les patients tuberculeux. Toutefois, on ne sait pas si le protocole a été réalisé en double aveugle et si la rémission est durable ou pas. D’autres études de ce genre, encore plus rigoureuses sont nécessaires pour approfondir l’éventuel rôle du lait de chamelle dans l’amélioration observée chez les patients tuberculeux.
La matière grasse
du lait de dromadaire : composition, microstructure et
polymorphisme. On connaît les vertus du lait de dromadaire sur
le plan nutritionnel. Ces vertus sont en grande partie liées à
sa composition chimique. Plusieurs travaux récents tentent de
percer les raisons chimiques et biochimiques fondamentales qui
expliquent ces vertus nutritionnelles. La revue des
connaissances proposée par les auteurs de cet article fait le
point sur le sujet.
La matière grasse du lait est organisée en globules de diamètre variable selon les espèces. Or, le gras de lait de chamelle se présente sous forme de globules de plus petits diamètres que le lait de vache (3,46 µm contre 4,42 chez la vache) et en nombre plus important (3,3 x 109 contre 1,5 X 109) ce qui le rend plus sensible à la digestion enzymatique intestinale et donc plus digestible, mais en contrepartie explique ça faible capacité à se transformer en beurre. De plus, ces globules sont entourés d’une membrane phospholipoprotéique plus épaisse et plus riche en phospholipides que dans le lait de vache ce qui explique une meilleure stabilité des émulsions du lait de chamelle : au repos, la crème " ne monte pas " comme dans le lait de vache. Le point de fusion des matières grasses du lait est plus élevé dans le lait de chamelle que dans le lait de vache. Ceci est lié à la plus grande richesse en acides gras à longue chaîne, mais c’est aussi une marque de l’adaptation car le lait de chamelle est produit dans des conditions climatiques généralement plus chaudes. Cela contribue donc à la stabilité du lait de chamelle même sous la canicule !! Enfin, ce qui caractérise aussi la matière grasse du lait, c’est l’important polymorphisme (à la fois thermique et structural) des formes cristallines des triglycérides, notamment lors des processus de refroidissement du lait, en dépit de structures beaucoup plus simples que dans le lait de vache. Dommage que l’article n’en tire pas des conclusions plus opérationnelles, mais il souligne néanmoins, la particularité du lait de dromadaire et qu’il ne faut pas se contenter de noter simplement le taux de matières grasses.
Le lait de chamelle
a-t-il des propriétés anti-cancéreuses ? On prête au lait de chamelle bien des vertus mais les confirmations scientifiques restent à mettre en œuvre dans bien des cas, les résultats empiriques prédominants sur le sérieux des protocoles. L'article récemment publié dans une revue saoudienne apparaît intéressant à cet égard. L'auteur a voulu déterminer l'effet du lait de chamelle, provenant d'animaux recevant différentes rations alimentaires, sur des cancers (cancer du foie induit par l'aflatoxine B1) du rat albinos Wistar. L'idée a consisté à vérifier l'effet du lait sur des bio marqueurs tels que TGO (transaminase glutamique oxaloacétique), TGP (transaminase glutamique pyruvique), GGT (gamma glutamyl transférase), urée, acide urique, créatinine, bilirubine, hémoglobine, cholestérol, triacylglycerol et glucose, tout paramètre ayant un lien avec une atteinte cancéreuse du foie. Les rats traités étaient injectés par voie intra péritonéale avec une simple dose d'aflatoxine B1 (0,075 mg/kg de poids vif). Après 3 semaines, en comparant avec des rats témoins non traités, l'auteur observe une augmentation de tous les paramètres mesurés à l'exception de l'hémoglobine indiquant l'induction du cancer. Après une semaine d'alimentation des rats à base de lait de chamelle, les paramètres tels que la créatinine, l'hémoglobine et le triacylglycerol ont retrouvé un taux normal indiquant selon l'auteur une action anticancéreuse. Il est probable qu'une telle expérimentation mérite des approfondissements pour quantifier l'activité potentiellement anticancéreuse du lait de chamelle mais ces résultats sont encourageants.
Lipides corporels et adaptation du dromadaire au manque deau et de nourriture: nouvelles données sur la taille des adipocytes et la leptine plasmatique La capacité du dromadaire à résister à la soif et
au manque de nourriture est proverbiale. Cette capacité est liée
à des mécanismes d'adaptation remarquable, incluant la
mobilisation des réserves corporelles de lipides (le tissu gras)
pendant les périodes de sous-nutrition et le stockage des
graisses lors de période plus favorables sur le plan
alimentaire. Or, la particularité du dromadaire est qu'il stocke
la majeure partie de la graisse dans sa bosse (réserve externe)
et dans une moindre mesure autour des reins et dans le mésentère
(réserves internes). Ces graisses sont stockées dans des
cellules particulières, les adipocytes, qui ont la capacité
d'augmenter de volume sous l'effet de l'accumulation de lipides
dans une partie de leur cytoplasme. La mesure du diamètre de ces
adipocytes renseigne sur l'état des réserves adipeuses, mais
chez le dromadaire ces mesures ont rarement été réalisées. Par
ailleurs, les adipocytes secrètent une hormone, la leptine, qui
joue un rôle majeur dans la régulation de l'homéostasie
énergétique ou autrement dit, régule le stockage des graisses et
les équilibres des indicateurs lipidiques dans le sang. Pour en savoir plus :
Les secrets de la
paroi des globules rouges chez le dromadaire
Dans un article récent, des auteurs d'Arabie
saoudite comparent les effets du jeûne (7 jours sans manger) et
de la déshydratation (10 jours sans boire) suivie d'une
réhydratation, sur les membranes des globules rouges du
dromadaire, du mouton et de la chèvre. En effet, une des
particularités de l'adaptation du dromadaire à la sècheresse et
surtout à la réhydratation brutale, est sa capacité à diminuer
la pression osmotique du plasma lors d'apport massif d'eau dans
le circuit sanguin, ce qui chez la plupart des espèces se
traduit par un éclatement des globules rouges (hémolyse) qui se
gonflent d'eau et par la mort de l'animal (ce pourquoi chez
l'homme déshydraté, on préconise une réhydratation graduelle).
Le secret de cette propriété exceptionnelle des globules rouges
(érythrocytes) du dromadaire tient probablement dans les
particularités biochimiques de la paroi de ces cellules
sanguines. Aussi les auteurs saoudiens ont-ils mesuré les
lipides totaux, le cholestérol, les phospholipides totaux, les
classes de phospholipides, les acides gras dans chacune de ces
classes, et les protéines dans les membranes des globules rouges
chez les 3 espèces.
Explication au
phénomène de la faible motilité spermatique du dromadaire.
L'un des freins au développement de
l'insémination artificielle (IA) chez le dromadaire est la
faible survie des spermatozoïdes au cours de la congélation et
leur faible motilité. Une étude récente a permis de trouver une
explication au phénomène de la faible motilité spermatique dans
cette espèce. La question que se posent les inséminateurs et
ceux qui veulent développer l'IA est celle de l'utilisation du
matériel de collecte. Est-ce que le matériau (caoutchouc)
utilisé comme vagin artificiel (VA) en est la cause principale ?
Dans l’essai mentionné par les auteurs, ont été utilisés un VA
classique en caoutchouc (63 collections provenant de 6
dromadaires mâles) et un VA en verre (51 collections). L'examen
microscopique de la semence a montré que les spermatozoïdes
étaient densément agglomérés et piégés. Initialement non
motiles, ils sont capables de bouger par oscillation de leur
flagelle. Sur la semence diluée et réfrigérée, la population est
hétérogène, parfois composée de spermatozoïdes agglomérés et
piégés, parfois libres et assez motiles. A l'examen
microscopique, on s'aperçoit cependant que les têtes des
spermatozoïdes sont encastrées, étroitement rassemblées, les
flagelles englués mais révélant de fortes vibrations. La
dilution de la semence a donc un effet bénéfique sur la
motilité. En revanche, on ne voit pas de différence entre les
types de VA.
Le lait de chamelle
est-il efficace contre le diabète ?
Les amateurs de lait de chamelle lui prêtent toutes les vertus et notamment celle d’avoir un effet bénéfique pour les diabétiques. C’est un propos souvent évoqué dans la littérature de vulgarisation concernant le lait de chamelle. Mais ces assertions ont-elles un fondement scientifique ? Un article paru dans Journal of Camel Practice and Research, revue éditée par l’université de Bikaner en Inde, semble l’attester. Sur un échantillon aléatoire de 24 diabétiques atteint du diabète de type I (insulinodépendants), par ailleurs sans troubles cliniques associés, les auteurs de l’article ont « traité », 12 d’entre eux avec du lait de chamelle avec une consommation d’un demi-litre par jour pendant 3 mois. Tous les patients étaient tenus de respecter le même régime et d'avoir une activité physique comparable entre les deux groupes ainsi qu’un traitement insulinique comparable. S’agissant d’une étude cas-témoin, on a veillé à ce chaque groupe soit comparable en terme démographique et clinique (même pyramide des âges par exemple). Un certain nombre de contrôles sanguins ont été réalisés (glycémie, insulinémie, hémoglobine glycosylée, cholestérolémie, triglycéridémie) et un questionnaire sur la qualité de vie a été soumis aux patients à la fin de leur traitement. Après 3 mois de traitement, les patients buvant du lait de chamelle ont vu une amélioration de leur glycémie moyenne à jeun passant de 115 à 100 mg/100 ml alors qu’elle n’a pas bougé dans le groupe non traité. La même évolution est perceptible pour l’hémoglobine glycosylée restée à 9,48 % chez les non traités tout le long de l’étude, alors qu’elle diminuait de 9,54 à 9,08 % chez les traités. Cela s’est traduit par une diminution de la demande en insuline restant à environ 40 UI/j chez les non traités et passant de 42 à 30 UI/j chez les amateurs de lait de chamelle. Les autres paramètres sanguins en revanche n’ont pas été influencés par le traitement. Cependant, l’indice de satisfaction de la qualité de vie a nettement été amélioré et de façon significative chez les buveurs de lait, celui-ci passant de 28 à 22, alors qu’il est resté à 26,5 chez les non traités tout au long de l’expérience. La raison de cette amélioration serait due à la présence d’insuline dans le lait de chamelle (52 UI/l). Normalement neutralisé par le caillage du lait dans l’estomac sous l’effet de l’acidité du milieu, il semble que le lait de chamelle ne caillant pas comme ceux des autres espèces, l’insuline du lait de chamelle pourrait en grande partie se retrouver intacte dans l’intestin où elle pourrait être absorbée. En tout état de cause, il semble que la consommation régulière de lait de chamelle ait une action hypoglycémiante et régulatrice de la glycémie chez les patients insulinodépendants. Voilà des résultats à creuser et à mettre au crédit des facteurs santé attribués au lait de chamelle.
Diversité et
relations génétiques chez les dromadaires kenyans :
implications pour leur classification Il est peu de dire que les références sur la
génétique du dromadaire sont rares et peu documentées. Aussi,
doit-on saluer la publication de cet article d’une équipe
internationale (Kenya, Chine, Ethiopie, Allemagne, Belgique) sur
les races de dromadaires du Kenya. Les auteurs s’interrogent sur
les relations entre les races du Kenya identifiées par les
producteurs sur des bases purement phénotypiques (races Somali,
Turkana, Rendille et Gabbra) et des animaux provenant du
Pakistan et de la péninsule arabique (Arabie Saoudite et Emirats
Arabes Unis). Ces comparaisons se sont appuyées sur 14 loci
microsatellites afin de réaliser une analyse phylogénétique. Le
résultat indique clairement que la variabilité génétique
(l’hétérozygotie) interne aux races kenyanes est très faible
comparée à la variabilité interne aux races non kenyanes. En
fait, les races kenyanes sont peu différentes les unes des
autres avec un seul, parfois 2 loci les distinguant les unes des
autres. A partir des éléments moléculaires disponibles sur un
animal donné, on peut lui attribuer un nom de race avec une
certitude de 39 à 48 % seulement. On peut donc dire sans se
tromper trop que les fameuses « races » kenyanes ne sont que des
variétés d’une même race qui s’appuient plus sur des
distinctions d’ordre socioculturel que biologique. Toutefois,
selon le calcul de la distance génétique, on peut distinguer une
entité Somali, distincte des 3 autres races kenyanes. Cela dit,
dans tous les cas les distances génétiques, y compris avec les
races asiatiques apparaissent faibles. A titre d’exemple, les
distances entre les races kenyanes sont comprises entre 0,025 et
0,037, entre les races africaines et les races asiatiques entre
0,098 et 0,211, et entre les races de dromadaire et le chameau
de Bactriane (à deux bosses) entre 0,775 et 0,789.
L’activité des
enzymes détoxifiantes chez le dromadaire. En cas d’intoxication par des organophosphorés
(produits largement utilisés dans les antiparasitaires) ou lors
d’apport de médicaments comme l’aspirine, les organismes animaux
métabolisent des « xénobiotiques » (produits biologiques
étrangers à l’organisme) par l’action d’enzymes (les esterases)
que l’on retrouve dans le plasma ou le foie. Plus le taux
d’estérase est élevé, plus on peut considérer que les animaux
sont capables d’hydrolyser les xénobiotiques et donc de se
soustraire à une intoxication.
Du nouveau sur les
mammites de la chamelle. Les chamelles, comme toutes les femelles à
vocation laitière, sont soumises à des infections cliniques ou
subcliniques, mais les données concernant la chamelle sont
plutôt assez rares. Il est vrai que dans un contexte de traite
manuelle pour une autoconsommation d’un lait peu soumis à
transformation, le problème des mammites n’apparaissait pas
prioritaire. Cependant, la commercialisation grandissante du
lait de chamelle dans nombre de villes africaines et du monde
arabe, sa transformation dans certaines unités comme en
Mauritanie, font que les infections mammaires deviennent une
préoccupation des producteurs, des transformateurs, des
consommateurs et des chercheurs.
La diversité
génétique des dromadaires au Kenya. On sait que la génétique du dromadaire reste problématique parce que peu explorée. Les producteurs distinguent bien des " races " mais les critères sont purement phénotypiques et la sélection a rarement été poussée sauf peut être pour les dromadaires de course dans les Emirats et probablement dans les pays d'Asie Centrale pour la production laitière. Dans un article récent, Mburu et al., (2003), paru dans Animal Genetics, une caractérisation moléculaire a été tentée sur 4 types d'Afrique de l'Est décrits traditionnellement, à savoir les dromadaires Somali, Turkana, Rendille et Gabbra ainsi que des dromadaires du Pakistan et des Emirats Arabes. La comparaison s'appuie sur 14 microsatellites. Les résultats indiquent que du point de vue phylogénétique, les dromadaires du Kenya diffèrent des deux autres. En fait, à l'exception du Somali, il est difficile de différencier les 3 autres variétés africaines. Seuls un ou deux loci séparent les populations Gabbra, Rendille et Turkana. Les auteurs en concluent que pour ces 3 derniers types, il n'est pas possible de considérer qu'il s'agit de 3 races différentes, mais seulement de dénominations socio-géographiques variées pour un même type d'animal.
Test à la tolerance
au glucose chez le dromadaire pendant la déshydratation et
la réhydratation en hiver et en été. Des chamelles adultes sont déshydratées pendant 24 jours en hiver et 13 jours en été. A chacune de ces chamelles , on injecte du glucose en intraveineuse pour tester leur tolérance au glucose en mesurant le taux de disparition (k) et la demi-vie (T1/2) c'est-a-dire le temps necessaire pour que la moitié du glucose disparaisse. La valeur de k exprimée en %/minute est de 6.67 en hiver et 5.14 en été pendant la phase de deshydratation. La valeur de T1/2, exprimée en minutes, est de 11.37 en hiver et 14.12 en été. Ces différences sont significatives. Globalement la déshydratation s'accompagne d'une diminution de la vitesse de disparition du glucose qui s'explique par une demi-vie plus longue. Le dromadaire déshydraté tend donc à stocker plus longuement le glucose. Or le métabolisme du glucose contribue à une élimination accrue de l'eau dans les urines. En diminuant la demi-vie du glucose et en ralentissant la disparition de celui-ci, le dromadaire déshydraté économise donc de l'eau en ralentissant le métabolisme du glucose. Astucieux, une fois de plus.
Du nouveau sur la
bosse !!
L'étude présentée dans cet article visait à
quantifier les concentrations en acides gras dans la bosse et le
gras abdominal dans 3 groupes de 8 dromadaires classés selon
l'âge : moins de 1 an, de 1 à 3 ans et plus de 3 ans. La
concentration en acides gras a été déterminée par
chromatographie gaz-liquide. Reste à savoir s'il y a une différence avec le chameau à deux bosses. En effet, on peut constater qu'en cas d'amaigrissement, la bosse du dromadaire semble fondre, alors que chez le chameau de Bactriane, les bosses flanchent comme des sacs en train de se vider. Est-ce lié à la composition en acides gras ???
The sequence of
camelpox virus shows it is most closely related to variola
virus, the cause of smallpox. Le virus de la variole humaine et celui de la
variole cameline appartiennent tous les deux à la famille des
orthopoxvirus. Chez les deux espèces, ce virus provoque une
maladie grave, contagieuse, parfois mortelle. Les séquences
génomiques des souches virulentes de la variole caméline sont
déterminées et leurs caractéristiques désormais connues. Le gène
du virus de la variole caméline (CPV) comprend 202 182
paires de base (pb) avec des séquences répétées inversées (ITR
en anglais) de 6 045 pb et 206 cadres de lecture (ORF en
anglais). Les gènes apparaissent fortement associés à des
séquences non-codantes comme pour les autres orthopoxvirus. La
région centrale du génome contient des gènes qu'on retrouve chez
les autres orthopoxvirus. En revanche, les gènes situés dans les
parties terminales sont en général plus variables et permettent
de coder des protéines impliquées fortement dans la virulence et
l'immunomodulation du virus, donc de le spécifier. La relation
entre le virus humain et le virus du chameau a donc été analysée
par la comparaison des ADN et des séances protéiques
prédictives, la répétition observée dans les ITR, et
l'agencement dans les ORF au sein des régions terminales. Les
comparaisons donnent la même conclusion : Voir aussi : VARIOLE CAMELINE : une arme biologique ?
Les chameaux
donnent leurs anticorps à la science Un groupe d'étudiants de l'université libre de Bruxelles a découvert par hasard que le sang du dromadaire comporte une grande quantité d'anticorps plus légers que les immunoglobulines G classiques. Ces anticorps ont une chaîne lourde et 2 sites de reconnaissance comme les IgG mais, contrairement à ces dernières, ils sont dépourvus de chaînes légères. Ce type d'anticorps permet au dromadaire de s'immuniser contre de petites enzymes comme un lysozyme ou une ribonucléase, ce qui n'est pas le cas avec les anticorps classiques. Economes et très variables, les anticorps SD (single domain) semblent contribuer à aider les dromadaires à survivre dans les conditions difficiles du désert. De nombreuses utilisations sont possibles : diagnostiquer un cancer ou une gestation, inhiber les enzymes d'un virus, etc.
Application of new
world Camelidae microsatellite primers for amplification of
polymorphic loci in OLd World Camelids. C'est une équipe de l'ILRI (International Livestock Research Institute) qui a réussi à amplifier l'ADN de 34 dromadaires du Kenya et 34 chameaux de Bactriane (dont 2 sauvages) en utilisant des échantillons de 2 lamas et de 2 alpagas comme contrôle positif. L'un des résultats qui reste à confirmer semble indiquer que les individus sauvages ne sont pas génétiquement identiques aux individus domestiques. Seraient-ils en fait une autre espèce, plus proche de l'ancêtre commun au chameau et au dromadaire ?
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